Test NBA In the Zone 2

NBA In the Zone 2 – Payton ne prendra pas de gants avec Malone le facteur X

« From the parking lot ! »


I. De la Pureté Digitale et du Juste Milieu

Ah, l’époque bénie, l'Âge d'Or où l'on n'avait pas besoin d'être pourvu de douze tentacules et d'un doctorat en astrophysique pour tripoter la gonfle sur un parquet virtuel ! Il fut un temps où le gameplay s'articulait autour d'une pureté biblique : une touche pour dribbler, une autre pour déclencher un shoot turgescent, une troisième pour la passe, et le même triptyque défensif pour intercepter, contrer ou sauter comme un cabri.

Nous jouissions alors de la précision chirurgicale alliée à la simplicité absolue. Cela accouchait de ces sublimes bâtards vidéoludiques : les jeux mi-arcade, mi-simulation. L'unique compromis intellectuellement viable pour forger un grand jeu de sport ! Car soyons honnêtes : trop de simulation engendre un ennui clinique digne d'une messe sans latin, tandis qu'une arcade décomplexée et irréaliste transforme les tableaux d'affichage en compteurs de flipper avilissants. NBA In the Zone 2 réussit (presque) le pari miraculeux d'équilibrer cette balance.


II. De la Contrefaçon Patronale et de la Glandouille Lexicale

Le titre de Konami nous propulse aux commandes des 29 franchises officielles de la NBA, avec un roster fidèle à la réalité… à une vache près ! Car le grand capitalisme et les droits à l'image spécifiques ont frappé : Michael Jordan, Charles Barkley et Shaquille O'Neal brillent par leur absence nominative. Ces divas sont lâchement camouflées sous les pseudonymes de Guard, Forward et Center chez les Bulls, Rockets et Lakers. Tous les autres clampins affublés de ces sobriquets dans le jeu ne sont que de pathétiques no-names générés aléatoirement par Konami pour boucher les trous du vestiaire. Mais l'esthète consciencieux sait ruser : Larry Bird et Magic Johnson roupillent discrètement sous les modèles 29 et 25 du menu de création ! Il suffit de les modeler de ses propres mains et d'organiser un trade (un transfert, pour les incultes) afin de les rapatrier chez les Celtics et les Lakers.

L'habillage du jeu, lui, transpire la classe internationale. Tous les menus, ainsi que les commentaires (délicieusement dynamiques et chargés d'une ironie mordante), sont intégralement dans la langue de Bruce Springsteen. Comment justifier la flemme insondable des développeurs de pondre une traduction française ? En hurlant à l'immersion totale dans la culture yankee ! Mais soyons francs, si mon niveau d'anglais balbutiant de classe de 6ème m'a permis d'assimiler la bête, c'est que la chose est accessible aux primates. Cette fainéantise éditoriale a même eu le mérite de parfaire mon érudition : c'est grâce à ce jeu que j'ai découvert que le mot « anthem » signifiait « hymne ». Des hymnes que l'on peut religieusement écouter avant le coup d'envoi, suivis de la présentation grandiloquente du Starting Five de chaque équipe. Une mise en scène orgasmique qu'on savourera béatement la première fois… avant de la zapper systématiquement, époque PSX oblige, car les temps de chargement pour la moindre action dans ces menus sont aussi interminables qu'une sodomie au gravier !

Capture d'écran NBA In the Zone 2 les stars des Chicago Bulls au grand complet



III. Du Coitus Interruptus Statistique et de la Purge des Étoiles

Côté modes de jeu, la carte du restaurant est classique : Exhibition, Saison Régulière, Playoffs. Bref, le minimum syndical pour contenter le chaland, saupoudré de personnalisations fort bienvenues : possibilité de mater des matchs en CPU vs CPU tel un voyeur lubrique, réglage des quarts-temps (optez pour 5 ou 6 minutes si vous désirez des scores réalistes), avantage du terrain, niveaux de difficulté, et gestion de la sévérité arbitrale et de la stamina (l'endurance).

Mais c'est ici que l'hérésie frappe ! Le crime de lèse-majesté ! Les statistiques de vos poulains sont fièrement affichées en plein match, mais elles ne se cumulent ABSOLUMENT PAS sur la saison régulière ! Vous ne verrez le bilan qu'en toute fin de saison, et uniquement pour votre propre équipe. Un comble inacceptable, une aberration totale pour un sport où la masturbation statistique est reine ! Face à ce constat d'échec, on paramétrera sans la moindre once de vergogne des quarts-temps de 2 minutes pour expédier la corvée, d'autant que le comptage des assists (passes décisives) relève bien souvent de la science-fiction.

Un mot sur le mode All-Star : il est à bannir d'urgence ! À moins que vous n'ayez un fétichisme coupable pour la médiocrité, ce mode n'est qu'une bouillie infâme où les turnovers (pertes de balle) s'enchaînent toutes les trois secondes sous une pluie de contres improbables. C'est irréaliste, indigeste et chiant à mourir.


IV. De la Tricherie Algorithmique et des Demi-Dieux de Seconde Zone

Manette en main, le jeu est rapide, nerveux, et se dompte avec une aisance de catin expérimentée. Mais, comme dans l'immense majorité des jeux de sport de cette époque, préparez-vous à subir le courroux du Script ! Si vous avez l'outrecuidance de mener de 10 misérables points au troisième quart-temps, l'Intelligence Artificielle va déployer un vice absolu pour vous écarter les fesses. Dès l'engagement, attendez-vous à vous faire contrer, à subir des dunks monstrueux venus de l'espace, à voir vos propres coéquipiers commettre des passages en force d'une débilité crasse, et à subir des interceptions télépathiques jusqu'à ce que l'IA soit sagement revenue à 2 ou 4 points d'écart.

Le paroxysme de la frustration est atteint dans le money time. Ne vous étonnez nullement de voir votre star adulée et infaillible (Jordan, Pippen, Stockton ou Magic) se faire vulgairement bâcher ou rater d'immanquables lay-ups de débutants… Pendant ce temps, des bras cassés ou des joueurs de seconde zone comme Eric Montross, Brent Barry, Jamal Mashburn ou ce monstre de Joe Smith se transformeront soudainement en divinités invincibles, vous humiliant avec des buzzer beaters venus d'une autre dimension ! Le summum du foutage de gueule ? Voir ce bon vieux Shaq vous claquer un 3 points sous vos yeux ébaubis. La physique et la décence sont officiellement mortes.


V. Du Voyeurisme Tactique et du Pôle Emploi des Parquets

J'ai toujours clamé que pour analyser les entrailles d'une IA, rien ne vaut le voyeurisme d'un match CPU vs CPU. Et force est de constater que l'IA de ce jeu est cohérente… mais désespérément dirigiste ! Les actions sont programmées dans le marbre et tournent en boucle. Vous verrez inlassablement Luc Longley et Scottie Pippen prendre la quasi-totalité des shoots des Bulls, pendant que le divin Jordan se contentera de jeter deux ou trois malheureuses cacahuètes !

Cependant, les caractéristiques individuelles des joueurs forcent le respect. Gary Payton et Jason Kidd perforent les raquettes comme des foreuses, Jeff Hornacek dégaine ses feintes de grand-père avant de crucifier la défense à 3 points, Stockton est d'une précision d'horloger suisse, Shawn Kemp viole les arceaux avec brutalité, et Hakeem Olajuwon gobe les rebonds avec la même gloutonnerie qu'un Mutombo. On se prosterne également devant l'immense Dennis Rodman, qui change de couleur de cheveux à CHAQUE putain de match ! Un détail purement esthétique mais orgasmique pour nos rétines de fétichistes. De leur côté, les Starks, Person et autres Mashburn affichent une adresse insolente.

Le bémol tactique ? L'IA ne prend jamais de temps mort et s'obstine à ne procéder à ses changements qu'à la fin des quarts-temps. Des remplacements souvent d'une incohérence crasse. Le remède absolu ? Régler la jauge de stamina à fond dans les options pour désactiver cette tare et conserver ses stars sur le parquet.

L'ultime jouissance réside dans la confection de Dream Teams personnalisées. Libre à vous de regrouper les légendes non licenciées (Magic, Jordan, Bird, Barkley, O'Neal), de bâtir un cinq majeur de rêve (Payton, Fox, Pippen, Kemp, Olajuwon), ou de monter une armée de snipers à 3 points (Stockton, Harper, Starks, Hornacek, Person) couplée à des intérieurs aux mains douces comme Malone ou Robinson. Sans oublier un banc de supersubs mortels (Kerr, Kukoc, Mullin, Eisley).


Verdict : 7/10

NBA In the Zone 2 fut un très grand jeu de basket pour son époque. Il est très certainement le roi incontesté de sa génération. Il rate cependant la marche de la perfection absolue à cause de son IA atrocement dirigiste, de son script punitif et de son manque d'improvisation tactique (hormis pour effectuer des remplacements débiles). Et de toute façon, depuis ces temps immémoriaux, l'ogre NBA 2K est passé par là et a marché sur la concurrence…

« What a brick ! »

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