Art Academy – De la pomme de Newton à la bite de Vinci / Tout tout tout / Vous saurez tout sur le dessin sur DSi
« Bonjour ! Bienvenue dans Art Academy, le cours de dessin et de peinture accessible à tous et de n’importe où ! »
I. De la Pulsion Créatrice et de l'Anatomie Phallique
Il est des matins brumeux où l'âme humaine se réveille avec des aspirations de grandeur. Une fulgurance, une érection spirituelle m’ordonnant de saisir un fusain pour capturer la beauté évanescente du monde. Le drame absolu, la tragédie insondable de mon existence, c’est que je suis une quiche intersidérale dans le domaine des arts plastiques. Ma créativité, hélas, se cantonne depuis la tendre enfance à l'esquisse compulsive de phallus turgescents sur les marges de mes cahiers. Des bites, rien que des bites. Face à cette misère picturale, et possédant une Nintendo DS qui prenait misérablement la poussière entre deux parties de Layton, je me suis dit : « Et si je m'élevais spirituellement en prenant des cours avec Art Academy ? »
II. Du Gériatre Pédagogue et du Classicisme Chromatique
Dès l'insertion de la cartouche, nous sommes cueillis à froid par un vieux croulant nommé Léo. Un étrange hybride génétique entre Léonard de Vinci et Maestro, l'inénarrable barbu narrateur d'Il était une fois… la Vie. Ce gériatre de la toile va nous prendre par la main (voire un peu plus bas si affinités) pour nous prodiguer ses astuces et nous farcir la cervelle de véritables cours d'histoire de l'art, citant des maîtres illustres et des tableaux célèbres. Le niveau éducatif est donc au zénith !
Le bougre nous assène une dizaine de leçons censées nous inculquer les bases du métier : l'utilisation des différents crayons, la théorie des couleurs, les tracés de repérage, la profondeur de champ et la gestion des contrastes. La méthode d'apprentissage est d'une rigueur prussienne et se répète inlassablement : explications pompeuses, exercices de maternelle, rajout de théorie rébarbative, puis finition complexe de la croûte au fur et à mesure de notre prétendue progression.
III. Du Fétichisme du Stylet et de la Sodomie Technologique
La trouvaille de génie, la véritable sève de ce logiciel, c'est bien évidemment l'utilisation du stylet. On ne pouvait rêver d'un appendice plus pratique pour simuler le frottement du pinceau (et satisfaire ainsi nos penchants pour les formes oblongues). L'écran supérieur de la console, quant à lui, sert intelligemment de modèle et d'outil explicatif. C'est là que la DS se révèle cruciale : elle affiche un quadrillage providentiel qui nous mâche effrontément le travail pour décomposer les éléments, jauger leur grosseur et dompter la perspective.
Cependant, un scandale matériel vient noircir le tableau. Le mode "Dessin Libre" ne prend tout son sens que si l'on possède une DSi ou une 3DS, dont les caméras intégrées permettent d'immortaliser nos propres modèles photographiques pour les transvaser dans le jeu et les esquisser à loisir. Or, à cette époque obscure, je ne possédais qu'une antique et obsolète DS Lite. Je l'ai donc eu profondément dans le cul pour cette feature ! Heureusement, une session de rattrapage ultérieure sur 3DS m'a permis de constater que cette fonctionnalité était effectivement fort plaisante et pour tout dire, indispensable à l'expérience.
IV. De la Nature Morte et de la Branlette Zen
L'outil se révèle fichtrement complet pour une modeste cartouche : on peut gommer nos hérésies visuelles, mélanger nos fluides chromatiques avec délectation, et zoomer avec perversité pour fignoler les moindres détails. Les leçons nous font ingurgiter les grands classiques de la peinture de salle d'attente : des arbres dépressifs, des corbeilles de fruits, des animaux neurasthéniques, une vague lorgnant vers Hokusai et des paysages bucoliques. Le tout est langoureusement bercé par une musique d'ascenseur, douce, discrète et relaxante. Exactement le genre de berceuse auditive qu'il faut pour s'adonner à une branlette zen de l'esprit.
V. Du Constat d'Échec et du Retour au Phallus
La question brûle désormais vos lèvres gercées : ai-je progressé en dessin grâce à ce miracle technologique ? La réponse est d'une cruauté abyssale : sur l'écran tactile de la DS, oui, vaguement. Dans la vraie vie, face à une véritable feuille de papier vierge ? Que nenni !
Ce logiciel d'apprentissage, tout pédagogique et bienveillant qu'il soit, ne saurait compenser le vide intersidéral de mon talent inné ni la maladresse chronique de mes phalanges. Le miracle n'a pas eu lieu. Par conséquent, je suis au regret de vous annoncer qu'aujourd'hui encore, avec ou sans les conseils du vieux Léo, je ne sais toujours dessiner que des bites !
Verdict : 6/10 (+1 point si vous dessinez autre chose que des bites après).
Un outil étonnamment complet et instructif, qui ravira les esthètes en herbe armés d'un stylet. Hélas, il ne transforme pas le plomb en or, ni le gribouilleur obscène en Léonard de Vinci.
« Paul Cézanne est un peintre français de la fin du dix-neuvième siècle. »

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