Arnaud Clément Tennis (Hard Hitter) – La Clé : ne pas être Clément et ne pas l’appeler Leroy
« Regardez-moi ce sourire ! »
I. De la Catin Tarifée et du Syndrome de l'Essuie-Glace
Il est des heures sombres dans la vie d'un esthète où l'on se retrouve nez à nez avec l'abîme. Je l'affirme ici, avec la solennité d'un juge d'assises : voici le pire étron vidéoludique qu'il m'ait été donné de subir dans ma chienne de vie ! Oui, mes bons seigneurs, pire encore que Wii Sports, qui avait au moins la décence prolétarienne d'être offert gratuitement avec la console !
Ce titre est une escroquerie polymorphe qui louvoie et change de patronyme selon le continent pour mieux tromper le chaland : Hard Hitter chez les obèses d'Amérique, Centre Court : Hard Hitter pour l'Europe, et Arnaud Clément pour notre pauvre Hexagone. Il a fallu que le joueur aixois se laisse copieusement acheter, vendant son âme au diable pour afficher son rictus sur la jaquette. Je n'aimais déjà point le bonhomme, mais cette compromission tarifée n'a rien arrangé ! Clément, flanqué de ses tristes compères Gilles Simon ou Lleyton Hewitt, incarne à lui seul la lie du tennis moderne : le contreur sans génie, le marathonien épuisant à regarder, le symbole d'un circuit homogénéisé et castré par le ralentissement des surfaces où tout le monde limaille du fond de court sans jamais oser poser une couille à la volée !
Et je vous le donne en mille, le summum du cynisme absolu : Arnaud Clément n'est MÊME PAS dans le jeu !
II. Du Casting des Ombres et des Cuisses de Tatiana
Aucune licence, ni de tournois, ni de joueurs. Car voyez-vous, le problème viscéral de ce jeu n'est pas tant son gameplay que son vide intersidéral. Il n'y a aucun contenu. Zéro. Nada. Le désert de Gobi sur un Blu-ray.
Nous avons droit à un roster famélique de 8 joueurs inconnus, de purs archétypes (le bourrin, le contreur, l'attaquant) modélisés avec la finesse d'une 3D du tout début de l'ère PS2. Ce n'est pas atrocement infâme à l'œil, mais ces avatars n'ont aucune âme. Le seul qui tire vaguement son épingle du jeu est un certain "Jones", pastiche éhonté de John McEnroe : gaucher, service de profil, volleyeur frénétique et gueule d'enterrement. Pour le reste, il faut s'injecter du LSD pour reconnaître en l'Allemand un Boris Becker (ou pire, un Rainer Schüttler), dans le Japonais un Michael Chang (sans Visa), dans le Russe un vague Medvedev (l’originel, pas le colérique actuel), ou dans le Sud-Africain un James Blake (sans traite Atlantique).
Et que dire de l'unique donzelle du casting ? Quel est le putain d'intérêt de mettre une seule joueuse ? Elle ne sert strictement à rien (tout comme le tennis féminin, me susurreront les plus cyniques d'entre vous). Si encore cette donzelle avait arboré les traits d'une Tatiana Golovin dans la fleur de sa prime jeunesse, avec ses cuisses mythologiques à damner un synode d'archevêques et son minois mutin (et son tarin défiant les lois de l’aérodynamique)… Mais non ! Elle est aussi laide et inodore que ses congénères masculins.
III. Du Questionnaire pour Trisomiques et du Parpaing en Mousse
Pour tenter de masquer la misère, le jeu nous offre la possibilité de "créer" notre propre avatar via un questionnaire à la con. Quelques questions débiles détermineront si vous êtes un esthète de la finesse, un bourrin de foire ou un serveur-volleyeur. Fascinant.
Passons sur le court. Le gameplay n'est pas l'artisan principal du naufrage, mais il y contribue joyeusement. C'est de l'arcade pure et dure, qui se maîtrise vulgairement au bout de deux matchs. Le challenge est inexistant, sachant que vos adversaires vous envoient des premières balles, de véritables "parpaings" (ironie mordante inside), flashés à la vitesse supersonique de 90 km/h ! Vous n'aurez aucun mal à retourner ces molles offrandes. Tous les coups classiques répondent présent : les frappasses de forain, le slice, le lift, l'amorti vicieux, les volées, les lobs et les services (d'une facilité déconcertante). Ici, point de question de timing subtil : c'est une vulgaire jauge de puissance qui dicte sa loi, nivelant l'exigence par le bas.
IV. De la Branlette Mentale et du Tournoi de Trente Minutes
Mais attention, accrochez-vous à vos braguettes, voici l'immense nouveauté pour un jeu de tennis : l'apparition d'une barre de "Mental" ! Une jauge grossière divisée en trois segments (bas, moyen, haut) qui se vide piteusement si vous ratez vos coups ou faites durer l'échange, et se remplit sur un coup gagnant. Le drame absolu ? Cette jauge n'a strictement aucune influence sur le gameplay ! C'est une masturbation visuelle, juste là pour faire joli et remplir l'écran afin de cacher la pauvreté de l'interface.
Côté durée de vie, préparez les mouchoirs. Pas de Grand Chelem (juste un choix misérable entre les 4 surfaces), un mode entraînement, un mode démo (qui regarde ça ?) et un mode Tournoi. Ce dernier se compose de 6 malheureux matchs où le décompte des points s'effectue exclusivement en mode tie-break. Traduction : l'affaire est torchée, emballée et pesée en 30 minutes chrono !
V. Du Coïtus Interruptus Multijoueur et du Bilan Définitif
L'enrobage sonore est une insulte au bon sens. Les commentaires sont à l'image du jeu : sans conviction, d'une rareté cadavérique et bâclés à la truelle.
Quand on réalise qu'on a plié son premier tournoi en moins d'une heure de jeu, qu'il n'y a absolument rien à débloquer, et que chaque match sera la réplique exacte du précédent, on range poliment le disque. On le ressortira vaguement pour tenter d'amuser un collègue de passage… collègue qui se fera royalement chier au bout de trois misérables échanges (que ce soit en adversaire ou en partenaire de double). On rangera alors définitivement cette galette au fond d'un tiroir, maudissant cet attrape-gogos et le bandana de ce vendu d'Arnaud Clément sur la jaquette !
Verdict : 1/10
Soyons d'une rigueur scientifique : le squelette du gameplay vaudrait sans doute la moyenne syndicale de 5/10. Mais un jeu de sport totalement amputé de son contenu n'a aucune viabilité et ne mérite aucunement qu'on lui consacre la moindre minute d'existence. C'est donc un 1/10 implacable. Et puisque le jeu n'a fait strictement aucun effort pour me séduire, je ne vois pas pourquoi j'userais mes phalanges pour lui rajouter un demi-point de complaisance !
« Bien visé, malheureusement… »

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