flOw – Spermatozoïde contemplatif et sélection naturelle à 11 centimes la minute
« Inclinez légèrement la manette pour vous déplacer. »
I. De l'OVNI Aquatique et de l'Avarice du Bourguignon
Qu’est-ce donc que cet OVNI qui vient souiller l'écran de ma console ? Un traité interactif pour expliquer le darwinisme aux nuls ? Une œuvre poétique et relaxante pour âmes en peine ? Ou bien une escroquerie d’une demi-heure vendue au prix fort de 5 euros sur le PSN ? Ne cherchons pas midi à quatorze heures : c’est exactement ça !
Par la grâce de la Sainte Vierge, je ne suis fort heureusement pas le dindon de cette farce financière. Vous connaissez mon goût fétichiste pour les boîtes physiques ; désirant ardemment acquérir Journey dans son sublime écrin de plastique, flOw et Flower se sont retrouvés en ma possession par le plus pur des accidents. Et comme le susurrait si bien ce poète de Guy Roux aux Guignols de l'Info : « Faut pas gâcher ! ». Alors, je m'y suis plongé.
II. Du Spermatozoïde Gigoteur et du Pad Oublié
À l'image de cette galette rachitique, ce test sera bref. Car, somme toute, que diable y a-t-il de bien intéressant à déblatérer sur la chose ? Que le jeu est maniable et ressuscite le Sixaxis ? Oui, cette fameuse fonctionnalité de détection de mouvement incrustée dans la manette de la PS3 que l'humanité entière avait joyeusement reléguée aux oubliettes ! Notre embryon (appelons poliment ce têtard translucide ainsi) se déplace donc en dandinant la manette, et l'on accélère d'une simple pression sur une touche. C'est de la gymnastique pelvienne pour poignets arthritiques.
III. Du Cannibalisme Benthique et de la Turgescence
Notre but métaphysique ? Visiter les profondeurs insondables de l’océan en frôlant un symbole rouge. Pour ce faire, il conviendra d'évoluer en avalant ou en fusionnant goulûment avec d’autres embryons. Les spécimens bleus agissent comme un level up : plus nous bâfrons, plus nous devenons forts. Nous changeons de forme pour adopter une carrure toujours plus imposante et phallique. Un véritable simulateur de phagocytose sous-marine où, n'en déplaise aux mauvaises langues, la taille compte indéniablement.
IV. Du Coitus Interruptus et de la Narcolepsie Avortée
Ne crachons pas totalement dans la soupe primordiale : le jeu est beau, visuellement très propre, d'une maniabilité exemplaire et bénéficie d'une belle bande-son, discrète et délicieusement relaxante. Il brille particulièrement par le cristallin de ses bruitages. On pourrait aisément s'y bercer, s'adonner à la rêverie et plonger dans un sommeil réparateur… si seulement le bouzin ne durait pas 45 misérables minutes ! Même pas le temps de rentrer dans la première phase de sommeil paradoxal que le générique de fin vous fouette le visage.
Pourtant, le public, dans sa grande mansuétude, ne lui en tient pas rigueur, le titre jouissant de fort belles notes dans son ensemble. Je ne suis pas le genre de débilos profond, de comptable aigri, à juger la qualité d'une œuvre uniquement à l'aune de sa durée de vie ; un jeu d'aventure se doit d'être court ou de savoir s'arrêter à temps avant de sombrer dans la redondance. Mais moins d'une heure pour 5 euros… en dématérialisé qui plus est… il y a des limites à la sodomie aquatique !
Verdict : 5.5/10
Une charmante petite expérience sensorielle, propre et relaxante, mais dont la durée de vie microscopique lui confère un arrière-goût d'arnaque tarifaire. À picorer uniquement si on vous l'offre.
« Appuyez sur une touche pour accélérer brièvement. »

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