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Canis Canem Edit — Wayne Rooney’s Uchronia
"You're too trusting, Jimmy. From the start you were pathetically naive..."
Prologue
Il y a des jeux Rockstar comme on enfile un préservatif trop
petit : avec difficulté, inconfort, et une envie irrépressible de
tout balancer dans les chiottes en hurlant.
Mais Canis Canem
Edit, lui, glisse tout seul.
Pas de monde ouvert de 300 km² pour aller acheter un soda.
Pas
de chevaux à brosser pendant 15 heures entre deux dialogues sur le
vide existentiel du Far West.
Pas de simulateur de glandule à
Los Santos où chaque PNJ a une routine plus passionnante que
toi.
Non.
Ici, le terrain de jeu tient dans une carte
postale : un bahut, une fête foraine, une plage, quelques rues, et
basta. Un univers clos, comme un slip trop serré, mais bourré de
conneries.
Et c’est très bien comme ça.
I. Jimmy Hopkins, ou l’Enfant-Rooney
Voici Jimmy Hopkins.
15 ans, moche, chauve et violent.
Une
espèce de Wayne Rooney sous testostérone de synthèse, échappé
d’un centre éducatif pour cas désespérés. Sa mère l’abandonne
pour partir baiser à Cancún avec un nouveau mari en chemise à
fleurs.
Résultat : internement à Bullworth Academy, école
privée pour délinquants en devenir.
Jimmy ne veut pas dominer le monde.
Juste foutre la paix à
son acné.
Mais comme tout anti-héros respectable, il finit par
foutre le bordel dans l’écosystème scolaire, un coup de genou
dans les parties à la fois symbolique et littéral.
II. Clash of the Clitocrates
Bullworth, c’est un Hunger Games à échelle 1:72.
Les Geeks, esclaves du jeu de rôle et du porno ASCII.
Les Brutes, adeptes du coup de tête et du redoublement éternel.
Les Bourges, futurs traders véreux qui ne savent pas boutonner leur pantalon.
Les Blousons Noirs, rebelles de pacotille qui pleurent devant les clips d’Evanescence.
Les Zonards, marginaux semi-sdf qui campent autour du bahut comme des mouettes autour d’une benne à frites.
Chaque groupe possède son boss, son quartier général, son odeur
propre.
Jimmy infiltre, défonce, manipule. Il joue à Game
of Thrones avec des boutons d’acné et des battes de baseball.
III. Éducation nationale : la Simulation
Tu veux jouer au bon élève ? Va en cours.
Tu veux faire
chier le monde ? Sèche.
Chaque matière devient un mini-jeu :
Anglais : tu fais des mots, tu fais des fautes, t’as zéro.
Chimie : tu mélanges des produits jusqu’à inventer une arme bactériologique.
Gym : cours de self-defense contre la société.
Photographie : option pervers polymorphe.
Techno : fabrique une bombe à paillettes ou un pistolet à morve.
Et puis, il y a le couvre-feu.
Tu le dépasses ? PAF. Jimmy
s’effondre comme un poète maudit sans-abri, là, sur le trottoir,
dans un lit de regrets.
IV. Caca, Cœurs et Coup de poing américain
Canis Canem Edit, c’est aussi l’art délicat de séduire sous menace.
Au début, tu es laid.
Tu dragues les moches.
Puis tu
montes en grade, tu changes de fringues, tu sens la sueur noble du
mâle en quête de validation sociale.
Tu construis des armes débiles dans les chiottes.
Tu gagnes
des combats de boxe.
Tu dragues des filles qui aiment les
mauvais garçons (cliché, oui, mais bon, c’est l’adolescence).
Tu
deviens l’idole de la cour, le fantasme ambulant de toutes les
surveillantes pré-ménopausées.
Et à la fin de chaque chapitre : un boss.
Un gros. Un
sournois. Un tragique.
Chacun représentant l’angoisse d’une
génération qui ne sait plus s’exprimer autrement qu’avec un
coup de coude dans les côtes.
V. L’Enfance comme bac à sable toxique
L’école est une dictature.
Mais dans Canis Canem Edit,
c’est toi le tyran.
Tu fais du vélo comme un psychopathe.
Tu jettes des bombes
puantes sur des chiots.
Tu grimpes sur les toits pour éviter
les pions.
Tu fais exploser la hiérarchie sociale à coups de
lance-pierre et de dragues foireuses.
Et ça fonctionne.
Parce que tout est réduit, pensé,
soigné.
Pas de remplissage. Pas de "vie simulée".
Juste un petit théâtre où tu es à la fois metteur en scène,
acteur et pyromane.
VI. Un Rockstar qui pense à autre chose qu’à sa tub
Quand Rockstar arrête de se masturber dans l’infini et se concentre sur l’intime, il accouche d’un bijou.
Un bijou de mauvais goût, certes.
Un bijou qui sent la
chaussette sale et l’adrénaline.
Mais un bijou.
Pas besoin de graphismes photo-réalistes ou d’un scénario
digne de Lars von Trier.
Juste une école, de la haine
adolescente, et des quêtes absurdes.
Un GTA miniature, où chaque pierre a une histoire, où chaque blague a du venin, où chaque coup de pied est une déclaration d’amour.
Verdict : 8/10
Canis Canem Edit est un accident miraculeux.
Un
Rockstar qui ne se prend pas pour un mauvais film.
Un open-world
concentré comme un shot de tequila dans une cantine scolaire.
Le
seul bac à sable où on peut encore frapper un prof de biologie sans
que le jeu t’envoie une notification de remords.
C’est GTA : L’Âge Bête.
C’est Orange
Mécanique en version prépubère.
C’est le rêve humide
d’un gamin turbulent avec un TDAH de compétition.
"I might be sad but I run your world, moron..."

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