Test Assassin’s Creed Origins

Assassin’s Creed Origins — Aya ! Cléopâtre a Pompée Marc Antoine et Jules César s’en Bayek

"We still have not found the man who killed Khemu."

Prologue

Le sable.
Partout du sable.
Dans les bottes, dans les yeux, dans les orifices les plus privés de l’âme, et surtout dans les engrenages d’Ubisoft, qui décide enfin de déterrer sa franchise comme un pharaon semi-confit dans du sel narratif.

Fini Florence, finie la Révolution, finies les rousses en corset.
Place à l’Égypte antique, ses dieux à tête d’animal, ses pyramides dressées comme des bites célestes, et ses complots millénaires étalés comme une pastèque fendue sur une dalle de marbre brûlante.

Origins, c’est la mue.
Le changement.
Le reboot.
Le peeling au crocodile.

Et, comme souvent chez Ubisoft : le gloubi-boulga sacré.


I. Bayek, veuf, vénère, vachement bien

Bayek de Siwa.
Medjay. Gardien. Brute sacrée.
Un mélange de Batman et de Gérard Depardieu période “Alexandre Dumas, mais en torse nu”.

Charismatique jusqu’à l’os, habité par la rage, le deuil et la volonté d’en finir avec tous les masqués de la région.
Il tue accidentellement son fils en manipulant une pomme d’Eden, parce que rien ne dit “parentalité responsable” comme une relique extraterrestre à rayonnement psychique.

À ses côtés, Aya, l’ex qui te fait passer l’envie d’en retrouver une autre.
Glaciale, mortelle, magnétique, elle manipule César comme elle poignarderait une idole.
Et elle te crache à la gueule ton incompétence d’Assassin niveau 12 quand t’échoues une infiltration.

Bayek + Aya = duo mythologique.
Tragédie grecque sous le soleil de Râ.

Capture d'écran Assassin’s Creed Origins gameplay avec Aya



II. RPG à l’eau de papyrus

Ubisoft a tout changé.
Plus de missions en couloir.
Place à l’open-world infini, au système de combat à la Dark Souls du pauvre, à l’arbre de compétences aussi touffu qu’un sphinx poilu.

Tu veux une hache magique ? Tue un hippopotame.
Tu veux du cuir rare ? Massacre 48 hyènes.
Tu veux un arc qui saigne ? Prie Anubis en slip, et loote comme un damnatio memoriae.

Chaque dune cache un camp.
Chaque camp cache un coffre.
Chaque coffre cache un objet vert.
Et chaque objet vert cache ta propre fatigue.

C’est le syndrome To Do List Simulator, où tu coches plus que tu n’évolues.


III. Senu, l’âme d’un drone dans le plumage d’un ange

Senu.
Ton aigle.

Compagnon fidèle, repérage précis, vision divine.
Elle survole les camps ennemis comme un satellite bénit par Râ, marque les cibles, révèle les niveaux, signale les coffres, te juge intérieurement quand tu rates une infiltration.

C’est grâce à elle que tu comprends enfin le sens de “vision d’aigle”.
Avant, c’était un super-pouvoir.
Maintenant, c’est une volaille omnisciente.


IV. Les Phylakes, ou la haine incarnée en armure

Les Phylakes.
Chasseurs impitoyables.
Mini-boss en legging d’acier.
Tu les croises par hasard, et tu meurs.

Ils ne préviennent pas.
Ils n’expliquent pas.
Ils te chargent la gueule comme une dette fiscale.
Tu peux fuir.
Tu peux tendre un piège.
Tu peux prier les anciens dieux et les nouveaux.

Mais tôt ou tard, tu les affrontes.
Et là…
Tu souffres.
Et tu jouis.


V. L’Égypte ou l’érotisme poussiéreux du décor

L’Égypte est sublime.
C’est elle, la vraie protagoniste.

Alexandrie la savante.
Gizeh la géante.
Memphis la mystique.
Chaque coin de la carte est une fresque animée, chaque ruelle un verset oublié, chaque tombeau une gifle esthétique.

On y croise Cléopâtre, garce magnifique, reine manipulatrice au nez et fessier historique.
Elle fait de César un amant, de Brutus un pion, et du joueur un voyeur fasciné.

Un monde splendide, vibrant, d’une sensualité archaïque.
Un musée habité.
Un Google Earth sous acide.

Et cerise sur le sarcophage : un DLC éducatif gratuit qui te fait visiter l’Égypte sans coups de couteau.
Mieux que n’importe quel cours de 5e.
Merci Ubisoft. Pour une fois.


VI. Layla, ou l’art du détour inutile

Layla.
Nouvelle héroïne du présent.
Technicienne d’Abstergo, passionnée, insomniaque, fade comme un colloque sur la poterie sumérienne.

On la joue.
Pourquoi ?
Mystère.
Elle lit des mails.
Elle se bat mal.
Elle découvre le passé, mais te coupe dans ta vengeance toutes les trois heures pour t’imposer sa mine constipée.

C’est le grand retour de la métahistoire, mais sans jus, sans flamme, sans enjeu.
Juste un prétexte.
Juste un fardeau.


VII. Le vertige de l’orgie

Tu veux tout faire ?
Tu veux le 100 % ?
Prépare-toi à te transformer en scribe insomniaque.

Quêtes FedEx.
Contrats.
Camps.
Collectibles.
Matériaux.
Boss optionnels. Combats maritimes.
Montures.
Objets de collection.
Momies à caresser.

Même les DLC payants (disponibles gratuitement sur la version gold) rallongent une durée déjà monstrueuse, sans jamais apporter autre chose que du contenu pour le contenu.

Le jeu t’aime, mais comme un amant toxique : il ne te lâchera pas avant l’épuisement terminal.


Verdict : 8/10

Assassin’s Creed Origins, c’est la cure de jouvence d’une série en coma éthylique.
C’est le virage RPG, le pari de l’ouverture, le fantasme de l’immersion.

Bayek est immense.
Aya est divine.
Cléopâtre est une catin céleste.
Et l’Égypte, sublime jusqu’à l’overdose.

Mais sous les dorures, les hiéroglyphes copiés-collés.
Sous les dunes, une répétition mécanique.
Sous l’ambition, un vide méthodique.

C’est un excellent jeu.
Un bon reboot.
Un RPG light.
Un monde sublime.
Et un peu trop Ubisoft.

"Tu quoque, mi fili ?"

Commentaires