Assassin’s Creed Chronicles : Trilogy — Ctrl+C, Ctrl+V, Ctrl+Alt+Suppr
"Do you even know what the box is ?"
Prologue
Ubisoft, dans un élan de recyclage créatif digne d’un atelier
d’art-thérapie pour actionnaires fatigués, a eu cette idée
lumineuse :
"Et si on copiait Mark of
the Ninja, mais sans l’inspiration, sans le rythme, et
avec une couche de lore mal digéré ?"
Et voilà
Assassin’s Creed Chronicles : un triptyque en 2.5D, une
trilogie latérale pour les gauchers du gameplay, un spin-off qui se
veut stylé mais glisse doucement vers l’oubli — comme un post
Facebook de Berg.
Car oui, il y a une boîte.
Oui, elle est importante.
Et
non, personne ne sait pourquoi.
I. China — L’Empire du Milieu, les moyens du bord
Premier chapitre : Shao Jun, héroïne vue en figurine
secondaire dans Assassin’s Creed Embers — ce
court-métrage obscur que seuls trois fans et un stagiaire en
dépression ont regardé jusqu’au bout.
On y découvre la
Chine impériale, la Grande Muraille, Macao, Nan'an, la Cité
Interdite… des décors somptueux, stylisés, presque
lithographiés.
Mais voilà : le jeu se résume à éviter
des cônes de vision, assassiner d’un coup de pied
retourné, et se cacher dans des rideaux comme un
acteur de boulevard ayant raté sa réplique.
Les huit tigres font office d’antagonistes, mais leur
présence est aussi fantomatique que leur caractérisation.
On
les tue parce qu’ils sont là, un peu comme on mange des Curly
quand y’a rien d’autre à la soirée.
II. India — Les Mille et Une Déceptions
Bienvenue dans les épices sans goût, le curry sans curry, la
romance sans passion.
Arbaaz Mir est notre nouvel
héros — un clone de Prince of Persia qui court sauver une
princesse, voler un diamant et trouver, encore, cette foutue
boîte.
L’univers est coloré, chatoyant, certes, mais tout sonne faux,
répétitif, paresseux.
Même les musiques
semblent recyclées de sons d’ascenseur d’hôtel Maharaja.
Et
surtout, la difficulté grimpe d’un coup, comme si
les développeurs s’étaient dit :
"Tiens, si on les
punissait d’avoir continué à jouer après le premier ?"
C’est du die and retry en sari, avec des gardes clonés, des pièges fatigués, et un gameplay qui refuse d’évoluer, préférant sautiller dans ses propres limites.
III. Russia — Rouge sang et gris souris
Là, surprise : c’est presque bon.
Pas transcendant, pas
marquant, mais disons… regardable.
Nikolaï Orelov,
personnage déjà évoqué dans les comics (si, si), évolue dans une
Russie post-tsariste, entre neige sale, révolution crasse, et
décadence soviétique avant l’heure.
La direction artistique est magnifique : rouge,
noir, blanc — comme un cauchemar constructiviste sur vinyle
rayé.
Orelov manie un fusil à lunette, plante avec
une baïonnette, sauve Anastasia qui se révèle (spoiler)
mille fois plus intéressante que la totalité du cast indien réuni.
C’est le seul moment où la trilogie semble effleurer une idée,
où Assassin’s Creed se frictionne doucement contre une
ambition narrative.
Mais ça reste un frisson, pas une
extase.
IV. Le Cône, l’Artefact et la Flemme
Trois jeux. Trois ambiances. Zéro évolution.
Même moteur.
Même interface. Même gameplay.
On court. On saute. On meurt.
On recommence. On soupire.
On collecte des objets, on tue des
types optionnels, on sauve des innocents qu’on oubliera dès le
niveau suivant.
Et toujours cette boîte, héritée d’Ezio,
passée de main en main comme un tupperware maudit, artefact
des Précurseurs devenu simple MacGuffin de supermarché.
À
la fin ?
Les Templiers l’ont. Le projet Phénix existe.
Et
tout le monde s’en fout.
V. Méta-histoire : Qui êtes-vous ? Que faites-vous là ?
On pourrait parler de Berg.
De Violet.
De Gramatica.
Mais même Ubisoft les a oubliés.
La métahistoire s’enlise dans un fond de poubelle
wikipédiesque, les dialogues sont des fiches de briefing,
les enjeux sont tièdes.
Même Desmond aurait zappé ça
sur Netflix.
Verdict : 5.5/10
Assassin’s Creed Chronicles n’est ni honteux, ni
brillant.
C’est le menu enfant de la saga :
joliment présenté, vaguement nourrissant, mais oublié avant la
dernière bouchée.
Un hommage raté à Mark of the Ninja,
une adaptation paresseuse du parkour version scrolling, un spin-off
qui n’a ni le fond ni la forme de ses ambitions.
Jouable. Stylé.
Mais creux.
"I will never forget what you have done for me, Nikolaï."
Nous non plus, Anastasia.
Mais promis, on n’en parlera
jamais.

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