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The Walking Dead : Season 2 – Le choix entre la moustache et le frigo
« Clementine...? »
I. Cloques, chiottes et chair nécrosée : l’enfance selon Telltale
Le jeu s’ouvre sur des toilettes publiques. Lieu sacré où l’humanité vient déposer ses doutes, ses restes de fast-food et ses grossesses non désirées. Clementine y pénètre, candide et crasseuse, accompagnée d’un couple parental de fortune : Omid, le rigolo du groupe, tué comme un figurant Netflix, et Christa, qui s’évapore dans le décor plus vite qu’une promesse électorale. Adieu les adultes : désormais, c’est l’enfance qui saigne, qui suture son bras avec du fil dentaire trouvé dans la forêt, et qui affronte l’hiver comme une Cosette armée d’un tournevis. Telltale ne vous demande plus si vous avez un cœur : il vous oblige à en recoudre un à mains nues.
II. Sous le Carver, la plage ?
L’univers n’a plus de lois. On saute de groupe en groupe comme un conseiller municipal change de parti. À peine recueillie, la petite Clem tombe sur une troupe de survivants aussi solides qu’un soufflé aux asperges. Luke, le héros mou, Nick, l’homme-fiasco, Rebecca, enceinte comme une accusation vivante, mariée au cuck Alvin (ou pas, selon le goût de la paternité douteuse) et Sarah, une adolescente fragile comme une flûte en cristal élevée dans un bunker.
Et puis Carver. Ah, Carver. Dictateur de grande surface, Mussolini du rayon congélation, le Charles Manson de la gestion de stock. Il surveille, juge, frappe et parle comme s’il récitait Mein Kampf devant un groupe de scouts. C’est un tyran 2.0, avec badge d’identification et regard de notaire psychopathe. Son charisme est indéniable, presque excitant. Mais la mise en scène de sa fin ressemble à un tutoriel de décapitation filmé par une école de cinéma pour chiens aveugles.
III. Kenny Christ Superstar
Le plus grand twist de cette saison, ce n’est pas la trahison, ni les zombies, ni même le bébé vivant dans un utérus qui semble ne jamais vouloir expulser — c’est le retour de Kenny. Vivant. Vivant et furieux. Il surgit des ténèbres avec sa casquette de routier texan et sa moustache trempée dans la haine et les regrets. Kenny, c’est l’homme du peuple. C’est Jean Gabin version redneck. Sa famille ? Morte. Son âme ? Carbonisée. Son amour ? Projeté désormais sur un nourrisson hurlant comme une alarme de voiture roumaine.
Ce bébé, AJ, devient alors l’enjeu ultime, le Graal dégoulinant de morve. Et Kenny, en se cramponnant à lui comme un chien à une jambe en peluche, renoue avec l’humanité. Ou sombre dans une folie pétrie d’amour. C’est selon.
IV. Jane la hyène, ou l’éthique du vide
Jane. L'anti-Kenny. Le glaçon dans le whisky. Solitaire, stratégique, moins humaine qu’un Roomba mais plus fiable qu’un père divorcé en garde partagée. Elle surgit d’un buisson, sauve votre vie trois fois, et vous propose une alternative : abandonner l’émotion, vivre de manière froide, comme un steak tartare dans une caverne.
Le final vous pousse à choisir entre ces deux archétypes : l’amour violent ou la raison glacée. Kenny ou Jane. Le cœur ou la cervelle. L’ogre loyal ou la survivaliste sociopathe. Mais tout cela n’est qu’un mauvais vaudeville de la liberté : Telltale n’a que faire de votre choix. La saison 3 se torche avec, vous recrachant seule dans l’univers avec pour seul souvenir de votre dilemme une cinématique en moins. Le libre arbitre est mort, éventré par le script.
V. Enfant-roi, Clementine Impératrice
Clementine est le centre du monde. Elle n’a pas de seins, pas d’études, pas de bac pro logistique. Mais elle commande. Elle tranche. Elle impose sa loi à des adultes qui, à force de traumatisme et de famine, obéissent à une préado comme des évêques à Jeanne d’Arc. On la suit sans discuter. Elle est Moïse sur trottinette, elle est Napoléon sans slip. L’absurde devient dogme.
Et pourtant… Ça marche. Parce que la fiction a ses lois, et que l’émotion, même charcutée, reste souveraine. On y croit. On souffre avec elle. On regarde ce bébé baver sur son col et on pleure, de rage ou de beauté.
Verdict : 8.5/10
Saison 2, c’est la descente. Plus sale, plus dure, moins magique que l’originelle. Mais pas moins puissante. Elle n’essaie pas de surpasser la première : elle se contente de nous vomir ses entrailles, et de nous demander de les recoudre avec les dents. C’est laid. C’est poignant. C’est beau comme une gifle dans une église.
« Jane ? The fuck does Jane know ?! I don't care what your new little friend is saying ! I can do this myself. »
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