Test Assassin’s Creed Rogue

Test Yakuza Like a Dragon

Yakuza : Like a Dragon – Ichiban ou l'Évangile selon Saint-Clodo

"I’ll fight a hundred yakuza to win her heart ! Or, uh, maybe just one... with a really weak punch ?"

Prologue

On croyait la légende scellée, le Dragon de Dojima empaillé dans les vitrines de la mémoire, entre un bento froid et un katana cérémonial. Mais SEGA, éternel orfèvre de la dissonance, a pris les cendres, les a sniffées, puis a vomi un miracle vidéoludique : Yakuza: Like a Dragon. Adieu Kiryu l’iconostase. Bonjour Ichiban, le roturier permanenté. Un reboot barjot, un virage à 90° dans un Yamanote lancé à pleine vitesse. Le beat'em all musculeux devient un JRPG tour-par-tour, les poings deviennent menus, les boss hurlent leurs statistiques comme des Pokémon possédés. Et le pire ? Ça fonctionne. Non. Ça transcende.


I. Naissance d’un Saint dans une Poubelle

Ichiban Kasuga, martyr souriant, abandonne sa vie pour couvrir un meurtre. Classique Yakuza. Il sort de prison dix-huit ans plus tard, à la fois Christ et clodo, crucifié dans une benne à ordures de Yokohama, entre un poster de Jun Kasai et une langouste sous crack. Sa famille l’a trahi. Le monde l’a oublié. Mais l’espoir, lui, a gardé sa permanente.

Sa quête n’a rien d’épique : il veut comprendre, aimer, servir. Il croit encore aux jeux vidéo, aux amitiés sans contrat, et aux combos avec effets pyrotechniques. Il cite Dragon Quest comme d’autres prient la Torah. Il a foi. Foi en la lumière du cœur, même quand elle sent l’urine de ruelle. Ichiban, c’est Sancho Panza qui croit être Don Quichotte, mais qui, à force d’amour, devient les deux à la fois.


II. Un RPG dans le Ventre de l’Enfer

Le système de combat ? Un monument d’absurdité géniale. C’est du Final Fantasy Tactics déjanté, un Pokémon pour adultes dérangés. Tu balances des invocations : un homard géant, une dominatrice sadique, une armée de pigeons napalmés. Tu changes de classes : du cuisinier au breaker, du flic à la pop star. L’équipement ? Un gode fluo +3 et une veste en cuir de cyborg dépressif.

Les ennemis ? Des salarymen en slip panthère, des pervers à capuche, des hooligans mélomanes. On se croirait dans un rêve fiévreux de David Lynch, croisé avec un épisode de Takeshi’s Castle réécrit par un SDF illuminé.

Mais sous la dinguerie, une élégance mécanique : c’est fluide, stratégique, drôle, jouissif. L’absurde devient un ballet. Et chaque combat est une réinvention du ridicule sacré.

Capture d'écran Yakuza Like a Dragon  combat tour par tour



III. La Table Ronde de l’Inadapté

Ichiban, c’est le héros des recalés, le roi des poissards. Son groupe ? Un Ocean’s Eleven de la lose :

  • Adachi, flic retraité, a le charisme d’un vieux frigo mais cogne comme un épisode de Navarro boosté à la testostérone.

  • Saeko, hôtesse vengeresse, boit plus que Bukowski et distribue les baffes comme des hosties.

  • Nanba, mage sdf, invoque des pigeons et parle comme un ivrogne qui aurait lu Camus.

  • Joon-Gi Han, mannequin assassin, plus androgyne que les Backstreet Boys dans une pub Dior.

  • Eri (sous conditions), PDG en talons aiguilles, te gère une entreprise et une baston les biftons à la main

Leur lien ? La misère. Leur moteur ? La fraternité. Leur carburant ? L’amour, les combos, et parfois un curry épicé.


IV. Mini-Jeux et Micro-Délires

Yokohama, c’est Disneyland pour adultes déviants. Tu diriges une entreprise avec un poulet PDG, tu fais du vélo pour voler des canettes à des clochards dopés, tu assistes à des films avec des QTE pour ne pas t’endormir pendant une parodie d’Ozu. Tu joues au baseball. Tu collectionnes des insectes. Tu fais un quiz sur la gastronomie japonaise entre deux bastons. Et tout cela, sans jamais perdre le fil du récit, comme si Les Douze Travaux d’Hercule se déroulaient dans un Konbini.


V. Les Fantômes de l’Honneur

Et puis surgissent les revenants. Kiryu, spectre impassible, plus stoïque qu’un Moaï, observe Ichiban comme un père contemplant son successeur spirituel. Majima, cyclone cyclopéen, débarque pour distribuer les gifles avec un sourire. Saejima, le yéti taciturne. Et Daigo, toujours aussi bien peigné.

Ils sont là. Pas pour prendre la lumière. Mais pour bénir la relève.


VI. Larmes, Gloire et Nankotsu Brûlant

Le final est un uppercut dans la glotte. Kasuga perd. Beaucoup. Mais ce qu’il gagne n’a pas de valeur comptable : l’amour des siens, la dignité dans la défaite, la certitude d’avoir été un homme juste dans un monde malade. Le jeu ne te dit pas que tout ira bien. Il te dit que tant qu’il reste un vélo et un pote pour te relever, tu peux continuer à rêver.


Verdict : 9/10 — L’Ascension du Clodo Christique

Yakuza: Like a Dragon est un miracle vidéoludique. Un reboot qui ose. Une fresque absurde et poignante, entre Dragon Quest et Les Misérables, entre caniveau et poésie. Ichiban Kasuga est un héros de l’âme. Un prophète en claquettes.

Et bordel… quel homme.

"Don’t judge me, man ! My safe word is ‘pineapple,’ and I’m sticking to it !"

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