Test Dracula 5 L’Héritage du Sang

Dracula 5 : L’Héritage du Sang – Ellen Cross la suceuse exsangue express

« Je suis fatiguée d’être raisonnable, Adam. »


I. De la Suite Précoce et du Syndrome Telltale

Cinq petits mois. C'est le temps qu'il aura fallu patienter pour voir débouler la suite de la première partie… euh, pardon, de Dracula 4. Autant le dire sans ambages : nous avons droit rigoureusement au même jeu, découpé à la hache avec le cynisme d'un épisode périodique de chez Telltale Games ! La grande différence étant que Telltale avait au moins la décence de prévenir son monde et d'assumer son format épisodique.

On prend les mêmes et on recommence la visite guidée : retour chez l'inquiétant Yanek, un petit tour sur notre lieu de travail au musée, une escale dans notre appartement, et un lieu surprise en guise de bouquet final qu'il faudra découvrir en épluchant le fameux tableau de Dracula peint avec son propre sang.


II. D'une Libido Fulgurante et d'une Anémie Chronique

La durée de vie de cette galette est tout aussi anémique que son héroïne, Ellen Cross, qui passera une fois de plus son temps à fouiller ses poches à la recherche de pilules pour éviter de tomber dans les pommes à chaque coin de couloir. Tout va très, très vite dans ce jeu. L'apothéose de cette précipitation narrative ? Ellen tombe éperdument amoureuse d'Adam à peine deux heures après avoir fait sa connaissance. Non, ne vous y trompez pas, ce n'est pas une vulgaire Marie-couche-toi-là (même si, au vu de son affection pour les échanges corporels, on devine qu'elle doit mieux sucer que le Comte Dracula lui-même !), c'est simplement que sa longévité sentimentale est drastiquement dictée par la durée de vie microscopique du jeu, haha !

Capture d'écran Dracula 5 L'Héritage du Sang baiser entre Ellen Cross et Adam Stoker



III. Des Puzzles Raisonnables et du Fantôme d'Arno Moriani

La redoutable secte de l'Ombre du Dragon tentera bien, vaguement, de nous mettre des bâtons dans les roues, mais sans trop forcer non plus, car il faut plier l'affaire rapidement ! Heureusement, ce cinquième opus relève un peu le niveau intellectuel en proposant une concentration légèrement supérieure de puzzles et d'énigmes logiques par rapport à son prédécesseur.

Le reste de l'aventure demeure dans la droite lignée du volet précédent, à l'image d'un clin d'œil fort savoureux à notre vieil ami Arno Moriani, puisque nous aurons la joie de dénicher son journal. Une trouvaille qui démontre que ces récents jeux sont viscéralement rattachés au troisième opus, ancrant définitivement l'intrigue dans la réalité historique de Vlad Tepes, bien loin du folklore romanesque du Dracula de Bram Stoker qui servait de prétexte aux deux premiers épisodes.


IV. De l'Illusion du Choix et de l’Être de la Jaquette

Le jeu nous offre l'illusion de la liberté en nous permettant de choisir notre fin via un ultime choix de dialogue. Une coquetterie scénaristique totalement dénuée de conséquence réelle, puisque ce titre marque le point final de la saga Dracula (du moins, sous ce format épisodique tronçonné).

Puisqu'il s'agit intrinsèquement du même jeu que son prédécesseur, il écopera logiquement de la même note. Nous avons tous conscience qu'il aurait dû être vendu en un seul et unique épisode dès le départ (une hérésie fort heureusement réparée de nos jours sur GOG et Steam, où les deux jeux sont judicieusement regroupés en bundle). Mais ne crachons pas dans la soupe : cette segmentation éhontée ravira les pervers fétichistes et autres collectionneurs de boîtes physiques dans mon genre, ravis de pouvoir exhiber une relique de plus sur leur étagère !


Verdict : 6.5/10

Une conclusion honnête mais expédiée, qui colmate les brèches d'une aventure qui n'aurait jamais dû être scindée. Ellen Cross peut enfin ranger ses pilules et nous, notre portefeuille.

« Bien que votre maladie ne vous rende pas des plus appétissantes, il ne faut pas tenter le diable ma chère. »

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