Les Simpson, Le Jeu – Oh oh… I’m never playing a licensed game again… Ooh, The Simpsons Game !
« We have received intelligence that the Krauts are due to invade the beloved French township of Ville de St. Capitulons. »
I. De la Purge Francophone et du Viol de l'Oncle Sam
Après les naufrages arthritiques de Futurama et des Griffin sur la vénérable PlayStation 2, il était métaphysiquement inévitable que la famille Simpson vienne poser ses fesses jaunâtres sur nos consoles modernes. Et soyons clairs d'emblée : nous tenons là leur meilleure itération vidéoludique, surpassant de loin les étrons susnommés. Mais ne t'emballe pas, jeune éphèbe aux phalanges frétillantes ! C'est loin, très loin d'être brillant pour autant.
Poussons d'abord un hurlement primal, un coup de gueule à faire trembler les fondations de l'industrie : la VF est imposée par défaut ! Sur un putain de disque Blu-ray doté d'un espace de stockage gargantuesque ! Ne faites pas comme ces cinémas de province incultes : laissez-nous le choix entre la VO et la VF, bordel, mais n'imposez pas la médiocrité ! Je vois d'ici les défenseurs acharnés de cet exercice de style douteux qu'est l'adaptation s'égosiller : « Mais les Simpson, c’est tellement meilleur en français qu’en anglais ! ». Dans vos rêves les plus érotiques, oui ! The Simpsons est une critique viscérale, cynique et profonde de la société américaine. Que diable vient foutre la langue de Molière là-dedans ? Surtout avec une adaptation médiocre qui s'évertue à "franciser" la moindre vanne, détruisant l'essence même de l'œuvre ! C'est un hors-sujet absolu. C'est aussi absurde et grotesque que d'imaginer les Bidochon ponctuer chacune de leurs phrases par un retentissant "Fuck !" entre deux tranches de saucisson.
Les doubleurs francophones, eux, sont hors de cause. Ils sont plutôt bons, bien que les décès tragiques (Guillemin, Modo) et l'usure des saisons fassent valser les cordes vocales d'un épisode à l'autre, brisant la suspension d'incrédulité. N'ayant aucune vergogne, j'ai donc basculé le système de ma PS3 en anglais pour jouir des voix originales et de leurs sous-titres, lavant ainsi mon âme de cette souillure.
II. De l'Orgasme Rétinien et de la Sodomie Parodique
Une fois ce premier grief purgé, on se dit que la machine démarre sur les chapeaux de roues. Voix officielles, scénaristes de la série aux commandes, et surtout un cel-shading absolument impeccable, d'une propreté monacale, qui respecte amoureusement les rondeurs des personnages et la topographie de Springfield.
L'humour coule à flots, et la parodie vidéoludique est au centre du coït : GTA, Zelda, Les Sims, Space Invaders, Medal of Honor, Wolfenstein ou encore Oblivion… Tout y passe avec une générosité qui force le respect. Le jeu nous gratifie d'une quarantaine de minutes de cinématiques inédites, tissant un scénario digne des meilleurs Treehouse of Horror de la série : nos extraterrestres libidineux favoris, Kang et Kodos, décident d'envahir la Terre. Pour contrecarrer cette apocalypse, la famille Simpson se découvre subitement des super-pouvoirs et devra écumer divers univers parodiques.
III. Du Cheptel Mutant et de la Coopération Phallique
Nos héros mutants s'en donnent à cœur joie. Homer, ce sac à Duff, peut se transformer en une énorme boule adipeuse façon Katamari Damacy pour tout écraser sur son passage. Bart enfile sa cape de Bartman pour jouer les justiciers de bac à sable. Lisa, forte de sa supériorité morale, fait appel à la "Main de Bouddha" pour déplacer des objets via une vue du dessus lorgnant vers la stratégie divine. Marge, armée de son mégaphone castrateur, utilise la persuasion pour forcer des PNJ à la rejoindre et déclencher des émeutes de mères au foyer. Même l'adorable Maggie est mise à contribution pour ramper dans des conduits d'aération étroits telle un Baby Solid Snake.
La coopération entre les membres de la famille est donc de mise, et ma foi, l'exercice est plutôt bien exécuté, exigeant de jongler entre ces tares génétiques pour progresser.
IV. Du Plomb dans l'Aile et de l'Arthrose du Pad
Hélas, trois fois hélas ! Le miracle s'arrête net lorsque l'on pose les mains sur le gameplay pur et dur. À l'instar de ses bâtards de cousins (Family Guy et Futurama), le jeu souffre d'une arthrose foudroyante. C'est mou du genou lors des combats, et les sauts affichent une imprécision crasse lors des phases de plate-forme.
Car oui, le titre s'obstine à nous infliger ce mélange putride de plate-forme, d'action et de beat'em all décérébré. Alors certes, c'est infiniment moins brouillon et punitif que les deux autres séries animées susnommées, mais ce n'est pas réjouissant pour autant ! Le constat est clinique : on se surprend, plus d'une fois, à soupirer lourdement en se demandant pourquoi on doit s'infliger ces phases de jouabilité laborieuses alors qu'on ne demande qu'à savourer son épisode interactif des Simpson, une bière Duff à la main.
V. De l'Éjaculation Comique et du Dénouement Divin
C'est fort dommage, car sur le fond, c'est du caviar. Homer est toujours d'une débilité fascinante. Nos "chers" compatriotes français en prennent copieusement pour leur grade dans l'hilarant niveau Medal of Homer, tout comme les Américains ou l'industrie vidéoludique dans son ensemble. L'absurde atteint des sommets himalayens lorsqu'il s'agit de tabasser William Shakespeare aux portes du Paradis ou de défier un Matt Groening en pleine crise de panique, harcelé par ses propres créations !
Même si l'on est loin de l'âge d'or scénaristique des toutes premières saisons de la série, pour un jeu vidéo, la proposition est d'une fraîcheur revigorante. Et posons-nous la question : y a-t-il vraiment tant de jeux vidéo capables de nous faire rire aux éclats ?
Verdict : 6/10
C'est indiscutablement le meilleur jeu tiré de cette franchise culte, et sans doute la meilleure adaptation d'une série animée sur nos consoles (je précise que je n'ai pas encore posé mes doigts moites sur le fameux South Park : Le Bâton de la Vérité). Mais cette médaille en chocolat suffit-elle à en faire un grand jeu vidéo ? La réponse, dictée par ce gameplay flasque, est hélas non !
« I wish I’d created « Family Guy. » »

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