Test Les Griffin (Family Guy Video Game)

Les Griffin – This reminds me of the time we tried to hide bad gameplay like you cover your farts by coughing

« Quagmire in the Blair Fist Project. »


I. De la Plèbe Francophone et du Viol Linguistique

Commençons par évacuer la fange, la lie de l'humanité : les fanatiques de la Version Française. Ces incultes notoires, dont le cerveau reptilien refuse l'effort d'une lecture sous-titrée, pourraient légitimement intenter un procès à l'éditeur. Car la galette arbore fièrement le titre Les Griffin sur sa jaquette, alors que le jeu, ô miracle divin, n'est disponible qu'en Version Originale ! Il aurait donc dû conserver son appellation patronymique de Family Guy. Ça leur apprendra à ces cuistres, l'anglophonie est un sacerdoce !

Hélas, l'élitisme a ses limites, et les développeurs ont eu la riche idée de n'intégrer des sous-titres que durant certaines cinématiques. Inutile de préciser que le jeu est aussi bavard qu'une péripatéticienne sous cocaïne. En pleine phase de gameplay, entre deux bourre-pifs de Peter ou un tir de laser de Stewie, il est mathématiquement inévitable de passer à côté d'une ou deux répliques ciselées. Une véritable tragédie, car l'humour ravageur de la série est bel et bien la seule et unique bouée de sauvetage de ce naufrage numérique. On retrouve avec un orgasme auditif les doubleurs officiels et les jingles musicaux iconiques entre chaque niveau, le tout emballé dans un cel-shading qui fait le taf… pour peu que l'on ferme pudiquement les yeux sur l'absence cruelle de détails dans les décors.


II. Du Spermatogramme Jouable et de la Folie Sitcom

Le postulat narratif est un délicieux doigt d'honneur au bon goût. Trois personnages s'offrent à nos phalanges, empêtrés dans des intrigues d'une absurdité jouissive :

  • Stewie : Le génie maléfique en couches-culottes souhaite utiliser l'antenne satellite de la maison, couplée à son casque télépathique, pour asservir le globe. Manque de pot, son némésis Bertram compte bien lui subtiliser le matériel. La solution ? Réduire sa taille pour s'infiltrer directement dans les testicules de Peter, espérant y dénicher les plans de son demi-frère maléfique niché dans le sperme paternel !

  • Brian : Notre canidé intellectuel et alcoolique doit prouver son innocence tout en échappant à la maréchaussée, lancée à ses trousses par ce vieux rapiat de Carter Pewterschmidt (le beau-père de Peter). Le motif ? Brian est accusé d'avoir engrossé Seabreeze, la chienne de course aristocratique de la belle-famille !

  • Peter : Le patriarche obèse, victime d'une psychose télévisuelle carabinée, est intimement persuadé que Mr. Belvedere (le héros de sitcom suranné) a kidnappé sa famille. Sa méthode d'investigation ? Tabasser absolument tout ce qui croise son champ de vision. Du pur Peter.

Ce tourisme psychiatrique nous traînera dans un hôpital, une prison, un poste de police, un champ de course de lévriers, l'intérieur moite de l'anatomie de Peter, ou encore un Casino indien. Le tout tapissé de gimmicks et de clins d'œil destinés aux onanistes de la série animée.


III. De la Sainte Trinité de la Purge Mécanique

C'est ici que l'œuvre se fracture. Le plus gros défaut de ce jeu vidéo, c'est… sa jouabilité ! Un détail fâcheux pour un médium interactif, vous en conviendrez.

Les phases de Stewie mélangent allègrement le shoot et la plate-forme. Le nourrisson est harcelé par des nuées d'ennemis, mais doit surtout composer avec une physique des sauts que nous qualifierons poliment de "hasardeuse" (pour ne pas dire codée avec le cul). Pour varier les plaisirs (hum, hum), Stewie pourra heureusement contrôler mentalement certains PNJ : la Mort, Quagmire, Cleveland ou cette harpie de Lois.

Brian nous inflige des séquences d'infiltration. Mais de l'infiltration d'une mollesse gériatrique, d'un ennui abyssal, reléguant le canidé au rang de carpette furtive.

Enfin, Peter nous gratifie d'un Beat'em all bourrin et décérébré. Ce sont paradoxalement les passages les plus ardus du jeu, la faute à un afflux d'ennemis frisant l'indécence. Les combats de boss sont une torture mentale achevée, exigeant des QTE véloces ou vous forçant à marteler les touches de votre manette avec la fureur d'un trisomique sur Track & Field. Fort heureusement, des checkpoints cléments parsèment ces niveaux inintéressants, nous évitant la pendaison pure et simple.


IV. Du Coitus Interruptus des Cutaways et de la Pantomime

Abordons enfin le nectar, le clitoris absolu de la série animée : les cutaways ! Ces interludes débiles, sans le moindre rapport avec la choucroute, qui égratignent figures historiques et célébrités avec un humour trash inégalé. Quel bonheur de les retrouver ici !

Dans le jeu, ces saynètes se transforment en mini-jeux à la WarioWare. Elles sont fulgurantes (dix secondes max) et octroient des bonus vitaux : des power-ups d'armement pour Stewie, une invisibilité salvatrice pour Brian, et des hot-dogs régénérateurs pour ce gros porc de Peter. Le drame ? Ces épreuves sont parfois atrocement injouables, ou d'une vélocité telle que vous retournerez à l'écran de gameplay sans même avoir compris ce qu'il fallait branler ! De plus, cruelle désillusion : la quasi-totalité de ces gags sont de bêtes resucées de la série. Pas de matériel inédit à se mettre sous la dent.

Saluons tout de même quelques fulgurances méta brisant le quatrième mur avec brio : les mimes, ces créatures de Satan, génèrent littéralement de véritables murs invisibles dans les niveaux de Peter, lequel s'en plaindra amèrement au joueur ! Du génie absurde.

Capture d'écran Family Guy Dieu et Vishnou dans un cutaway jouable



V. Du Syndrome Futurama et des Larmes de Fanboy

En définitive, Family Guy Video Game ! présente les exacts mêmes symptômes vénériens que le jeu Futurama (autre œuvre divine de l'animation). Nous sommes face à un titre qui respecte religieusement l'univers, la patte, la voix et l'humour de son matériau d'origine… mais qui demeure, manette en main, un putain de mauvais jeu ! C'est raide, c'est frustrant, c'est bancal.

C'est tout de même tragique, mes bons seigneurs. Voir mes deux séries animées favorites sombrer dans une boue vidéoludique aussi médiocre, il y a de quoi se noyer dans un tonneau de bière Pawtucket Patriot.


Verdict : 5/10

Une formidable lettre d'amour à l'humour cradingue de Seth MacFarlane, sauvagement violée par un game design aux fraises et une jouabilité digne de l'ère paléolithique. Un plaisir coupable à regarder, une purge à jouer.

« What ? Still less hair than a Greek chick ! »

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