Test Dragon Ball Z Ultimate Battle 22

Dragon Ball Z : Ultimate Battle 22 – Il ne sait pas compter, et il ne compte plus

« Kamehameha ! »


I. De l'Érection Cinématographique et de la Fausse Arithmétique

Il est des fulgurances dans la vie d'un jeune éphèbe que la mémoire refuse d'enterrer. L'insertion de la galette noire de Dragon Ball Z : Ultimate Battle 22 dans l'orifice béant de notre première PlayStation en fut une. Lorsque le mythique générique s'est lancé, compilant des séquences animées d'une fluidité orgasmique et nous balançant le casting complet à la gueule sur fond de rock nippon, disons-le avec la poésie d'un charretier : on a tous bandé dur. La hype était monumentale, la sève bouillonnait.

Hélas, comme pour toute romance tarifée sur le trottoir des illusions, la descente fut rude une fois la manette en main. Le jeu commence d'ailleurs par nous mentir effrontément sur sa propre jaquette. Ultimate Battle 22 ? Que nenni, bande d'escrocs ! Il suffisait de tapoter un vulgaire code planqué dans le manuel du jeu (en haut, triangle, bas, croix… bref, l'alphabet de la triche) pour débloquer cinq lascars supplémentaires. Nous aurions donc dû frotter nos phalanges sur un Ultimate Battle 27. La mathématique japonaise a des raisons que la raison ignore.


II. Du Trombinoscope Saiyan et de l'Imposture Divine

Le casting ratisse large, des balbutiements de l'ère Z jusqu'aux turpitudes rosées de la saga Buu, nous offrant un roster de schizophrènes capillaires. On y trouve du Goku en pagaille (enfant, Super Saiyan, le capillairement outrancier SSJ3), son fiston Gohan en ado colérique, et la fusion testostéronée Gogeta. On se serait en revanche bien passé de l'horrible Great Saiyaman, cette insulte au bon goût vestimentaire.

Heureusement, les classiques sont au rendez-vous : le stoïque Piccolo, le triclope Tenshinhan, et bien sûr Vegeta. Mention spéciale à sa version Majin, incontestablement la plus jouissive et destructrice du lot. Le titre nous régale avec de succulentes surprises comme l'extravagant Ginyu, la brute épaisse Recoome, ou cet esthète précieux de Zarbon. Côté crevures, Freezer, Cell, Buu et Super Buu assurent le syndicalisme du mal.

Mais au milieu de cette foire à la mandale, une question métaphysique s'impose : que fout ce mollusque de Kaioshin ici ?! Le type n'a littéralement jamais levé le petit doigt dans le manga d'origine, préférant suer à grosses gouttes en marge de l'action. Sa présence est une vaste farce. Heureusement, l'honneur est sauf : le véritable héros de l'humanité, l'Alpha absolu, l'immense Mr. Satan, est de la partie pour distribuer des tatanes moustachues.

Capture d'écran Dragon Ball Z Ultimate Battle 22 attaque ultime de Recoome contre Krilin



III. De la Misère Ludique et du Tournoi de l'Ennui

Côté contenu, le jeu fait preuve d'une avarice confinant à la radinerie pure. Les modes de jeu tiennent sur le ticket de caisse d'une boulangerie en faillite : du vulgaire 1vs1, l'incontournable Tournoi Tenkaichi (qui a au moins le bon goût de nous offrir l'annonceur officiel du manga hurlant le nom des participants avant chaque pugilat), et le mode "Croissance". Ce dernier vous propose d'affronter l'intégralité du roster avec une difficulté exponentielle et une jauge de vie qui gonfle au fil de votre avancée.

Autant vous le dire sans fard : à l'image d'un coït d'adolescent nerveux, on aura dramatiquement vite fait le tour des festivités.


IV. De la Mollesse Gériatrique et du Pet Fumigène

Abordons le cœur du réacteur, là où la bâtardise de l'œuvre éclate au grand jour. Le titre est certes plutôt flatteur pour la rétine, mariant des combattants en 2D d'une fidélité bluffante à l'animé (bien que pixelisés) avec des arènes en 3D qui font le "taf" syndical. Mais le gameplay… Par les couilles du Dragon Sacré, c'est une hérésie absolue !

L'animation est d'une mollesse pathologique. Pour un jeu estampillé Dragon Ball, censé transpirer la vitesse supersonique et la violence cataclysmique, c'est un crime de lèse-majesté. Les sauts sont d'une imprécision lunaire, la gravité semble gérée par un stagiaire sous Lexomil, et les combos sont atrocement mous, répétitifs, et surtout, ils ne font absolument pas mal à l'adversaire ! On a l'impression de se battre avec des frites en mousse dans une piscine à boules.

Alors, pour abréger nos souffrances, on charge notre Ki. Et là, miracle du mauvais goût : notre avatar se met à éjecter une sorte de fumée grisâtre et immonde, donnant l'impression viscérale qu'il lâche un pet gastrique ininterrompu ! Tout cela pour expédier des boules d'énergie souvent ridicules. Le mythique Kamehameha se résume à une flammèche gériatrique et asthmatique, esquivable sans la moindre goutte de sueur. Il suffit bien souvent de s'envoler (ou plutôt de changer de plan pour aller flotter bêtement au-dessus de son rival) pour l'éviter.

Heureusement, quelques attaques sauvent le naufrage pyrotechnique : les Kikoho suicidaires de Tenshinhan, le Makankōsappō vrillé de Piccolo, ou les vagues déferlantes survitaminées de Kame Sennin s'avèrent redoutables. Sans oublier les attaques ultimes et jouissives de Recoome ou de Majin Vegeta, qui balayent l'intégralité de l'écran dans un déluge de lumière. Là, oui, on a notre quota de spectacle bordélique !


V. Du Syndrome de Stockholm et de la Clémence Mémorielle

Alors, face à ce réquisitoire sanglant, pourquoi diable ce jeu écope-t-il d'une note tout juste supérieure à la moyenne ?

Parce que le cynisme doit parfois s'incliner devant la nostalgie. Parce que, gamin, sur cette bonne vieille PS1, ce titre nous a offert de pures tranches de rigolade entre potes. La mollesse cadavérique des combats est une insulte au manga, certes, mais ironiquement, elle s'adaptait à merveille à mes réflexes de joueur de Point & Click fraîchement débarqué dans le jeu de baston !

Le jeu nous a honnêtement arnaqués avec une bande-annonce d'introduction digne des plus grands mensonges de l'industrie, mais bordel, il faut bien contextualiser la misère de l'époque ! Qu'avions-nous d'autre à nous mettre sous la dent en matière de DBZ en ces temps obscurs ? L'effroyable Final Bout en 3D cubique injouable ? Comparé à la concurrence de son temps, Ultimate Battle 22 était le borgne chétif régnant sur le royaume des aveugles paralytiques.


Verdict : 5.5/10

Une relique de notre enfance qui mentait sur son titre, ramollissait nos héros favoris, mais qui reste gravée dans nos mémoires comme le premier fantasme inabouti de l'ère 32-bits.

« Makankōsappō ! »

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