Test Dracula Résurrection

Dracula : Résurrection – Voyage au Bout de l’Ennui (et des Stryges Topless)

« Je prends le premier bateau pour la Transylvanie. »


I. De l'Héritage Épistolaire et d'une Turgescence Post-Mortem

Après avoir souillé de mes fluides corporels les pages de l’œuvre épistolaire et magistrale de ce cher Bram Stoker, une pulsion masochiste m'a poussé à entamer le long et douloureux périple des jeux d’aventure estampillés Dracula. Et grand bien m'en a pris d'avoir révisé mes classiques ! Car ce premier volet vidéoludique prend le parti fort audacieux de nous catapulter sept longues années après les événements du roman. Le titre a d'ailleurs l'élégance suprême de nous rafraîchir la mémoire via une cinématique introductive, pour les gueux qui n'auraient jamais ouvert un livre de leur misérable existence.

Nous y incarnons Jonathan Harker, héros pantouflard et cocu malgré lui de l'œuvre originelle, reparti battre la campagne pour retrouver sa tendre épouse, Mina. La donzelle, visiblement en manque de sensations fortes, a de nouveau été envoûtée par le Comte. Car oui, stupeur et tremblements, le vampire n’est point mort ! Et pour cause : le bougre bande encore, les canines turgescentes et le vit frétillant à l'idée de s'abreuver à de nouvelles sources.


II. D'une Esthétique Gériatrique et d'un Labyrinthe Vomitif

Abordons d'emblée le sujet qui fâche, celui qui pique les rétines et provoque des saignements oculaires : le jeu a vieilli avec la grâce d'un lépreux abandonné en plein désert. Ce qui, somme toute, est d'une affligeante normalité pour une œuvre enfantée aux balbutiements de la 3D.

Sous ses atours de Point & Click tout ce qu'il y a de plus classique, Dracula Résurrection nous impose une vue subjective traîtresse. Il ne vous faudra pas plus de deux misérables minutes chrono pour vous perdre dans les méandres labyrinthiques des décors, errant comme un puceau myope cherchant un clitoris dans l'obscurité. Lâché à l'orée d'une auberge, à un jet de pierre du domaine comtal, nous avons accès à de rares extérieurs, dont un cimetière abritant la carcasse de notre défunt ami Quincey (l'œuvre s'avérant d'une fidélité louable au terreau littéraire).


III. Du Théâtre de Boulevard et d'une Atmosphère Gothique à Souhait

L’auberge, qui a tout de l'auberge rouge où l'on égorge le chaland, sera l’une de vos rares opportunités de tailler une bavette. Vos interlocuteurs se limitent à une tenancière (bénéficiant des cordes vocales de la talentueuse Marie-Christine Darah) et un ivrogne dont l'haleine doit certainement faire fondre le papier peint.

Hélas, le doublage français, dans sa globalité, oscille entre la tragédie de boulevard surjouée et l'insipidité la plus crasse. Un ratage monumental qui jure atrocement avec l'univers, d'autant que l'intégralité du casting est censée être composée de Roumains couperosés ou de lords anglais constipés ! C’est un véritable gâchis, car l’ambiance est incontestablement le point d'orgue de cette galette. Lugubre, moite, inquiétante, sombre et vénéneusement gothique… C'est un sans-faute atmosphérique qui vous prend aux tripes.

Quant au maître des lieux, le grand Dracula en personne, il s'avère d'une timidité maladive. Il ne daignera vous gratifier de sa présence que le temps de quelques secondes lors d'une cinématique, préférant déléguer les basses besognes à ses sbires : de vils brigands roumains (un pléonasme qui ravira les vieux tontons accoudés au comptoir du PMU) et des stryges assoiffées.


IV. D'une Fainéantise Ludique et de la Kleptomanie des Développeurs

L'aventure est d'une brièveté à pleurer, pour peu que vous ne restiez pas embourbé pendant des heures à cause d'un micro-pixel d’objet qui aurait échappé à votre vigilance, ou que vous ne tourniez pas en bourrique dans les couloirs. Les énigmes, fort heureusement, font preuve d'une logique cartésienne une fois le bon artefact glissé dans votre besace.

Petite mise en garde pour les puristes : la version Steam (à l'instar de bien des reliques du passé) vous prend pour un dégénéré mental. Elle zappe effrontément certaines énigmes jugées "trop ardues" par rapport à l'original, les résolvant de manière automatique (une hérésie déjà subie dans Atlantis). Pour conserver votre dignité, privilégiez la version GOG (pas de DRM, bordel !) ou, sommet du raffinement, ressortez votre grosse boîte en carton et votre vieux PC sous Windows 98 pour vous faire sodomiser par la difficulté à l'ancienne !


V. De la Sorcière Ambiguë et des Mamelles Diaboliques

Votre maigre progression sera rythmée par de brèves cinématiques censées injecter un semblant de dynamisme à l'ensemble. Les pérégrinations touristiques sont limitées au strict minimum : l'auberge et ses environs boueux, une mine abandonnée qui fleure bon le tétanos, et enfin, le château du Comte.

C'est dans cette bâtisse suintante que vous ferez la rencontre de l'entité la plus fascinante du jeu : Dorko. Une sorcière au sex-appeal discutable, maudite par Dracula pour avoir osé soutenir son frérot. La bougresse quémandera votre aide pour dénicher un artefact capable de lui rendre sa splendeur d'antan, vous laissant dans une délicieuse incertitude quant à ses véritables allégeances.

Mais la véritable récompense, l'os à ronger pour le joueur en rut, survient vers la fin du jeu. Préparez-vous à vous rincer l'œil goulûment face à trois stryges aux mamelles arrogantes, simplement vêtues de strings défiant les lois de la gravité de l'ère 32 bits ! Hélas, ces donzelles de petite vertu sont à la solde du saigneur des Carpates, et loin de vouloir vous initier aux délices de Capoue, elles n'auront de cesse que de vouloir vous vider de votre substance vitale.

Capture d'écran Dracula Résurrection les Stryges à poil devant Jonathan Harker



VI. D'un Dénouement Suspendu et d'une Traite Intensive

Le jeu s'achève sur un coitus interruptus des plus frustrants. Dracula est toujours en vie, la quéquette fringante, et le sort de la pauvre Mina reste en suspens. Une conclusion en queue de poisson qui sentait bon la volonté d'essorer le filon à sec, chose qui se vérifiera par la suite avec pas moins de quatre autres épisodes crachés dans le même univers ! Tous partageront cette même atmosphère poisseuse, mais aucun ne parviendra à s'élever au rang de chef-d'œuvre.


Verdict : 6.5/10

En définitive, ce premier Dracula brille par son ambiance poignante et nous livre un Point & Click sans grande fulgurance. C'est une œuvre respectueuse du mythe de Bram Stoker, certes un peu fainéante sur les bords, qui n’a rien de fondamentalement honteux, mais qui manque cruellement de la transcendance nécessaire pour marquer l'Histoire avec un grand H.

« Nous avons l’éternité devant nous. »

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