Dracula 2 : Le Dernier Sanctuaire – Jonathan Cucker et Mina de Rien L’Envoûtée qui le voulait bien
« Pour vaincre Dracula définitivement, nous devons trouver sa tanière. »
I. Du Coït Ininterrompu et des Asiles de Fous
À peine avons-nous eu le temps de boutonner notre braguette et d'essuyer l'hémoglobine sur notre col après le premier épisode, que le jeu nous reprend en levrette. Ce Dracula 2 ne s'embarrasse d'aucune politesse narrative : il embraye à la milliseconde près là où le précédent nous avait laissés, la bave aux lèvres. Le couple Harker, dont la vie sexuelle semble aussi palpitante qu'un dimanche de pluie à Maubeuge, regagne les brumes de la perfide Albion. Mais le Comte, ce vieux pervers aux canines saillantes, ne l'entend pas de cette oreille. Il traîne ses guêtres de l'abbaye de Carfax jusqu'aux couloirs suintants de l'hôpital psychiatrique, où il s'amuse à téléguider un aliéné comme une vulgaire marionnette. C'est d'ailleurs l'occasion inespérée de tailler une bavette avec ce brave Docteur Seward, dont la santé mentale vacille autant que sa libido face à ces horreurs.
II. Du Recyclage Industriel et de la Lecture Compulsive
Ne nous mentons pas, mes bons saigneurs : si vous espériez une révolution technologique capable de faire bramer de plaisir votre carte graphique, vous en serez pour vos frais. Nous naviguons dans les mêmes eaux croupies. Le moteur est identique, les graphismes accusent toujours le poids des âges, et la maléfique vue subjective en Point & Click demeure la norme.
On notera toutefois une infime amélioration dans l'architecture : le titre se veut un tantinet moins labyrinthique que son aîné, nous épargnant quelques crises d'urticaire et des envies de défenestration spontanée. En contrepartie, les développeurs ont décidé de transformer notre écran en une liseuse pour érudits constipés : préparez-vous à vous farcir des pelletées de documents à lire pour espérer capter les nuances de l'intrigue.
III. Du Stress pour Mollusques et du Temps Réel Castrateur
La seule véritable "audace" de ce disque réside dans l'introduction d'énigmes en temps réel. Entendez par là que vous devrez réagir sous la contrainte d'un chronomètre impitoyable, sous peine de trépasser dans d'atroces souffrances : occire une chauve-souris avant qu'elle ne vous dévore la carotide, ou empêcher un maraud de pénétrer dans votre alcôve.
Sur le papier, on pourrait se dire : « Diantre, quelle excellente idée ! Cela rajoute un petit stress organique inhérent à la traque du Prince des Ténèbres ! » BALIVERNES ! Nous sommes dans un Point & Click, l'hymne absolu à la lenteur, à la masturbation intellectuelle et au sirotage de thé tiède. Les pauvres bougres qui ne jurent que par ce genre ludique ont généralement des réflexes de mollusques sous sédatif ! Leur imposer de la vivacité revient à demander à un unijambiste de remporter le 100 mètres haies. C'est une hérésie de game design qui ne génère qu'une frustration stérile.
IV. De la Cacophonie Vocale et du Syndicalisme Mammaire
Hélas, les tares congénitales de la série persistent et signent avec une obstination maladive. Le doublage français est une infamie absolue, une parodie involontaire où chaque réplique, jamais dans le ton, semble sortir de la bouche d'acteurs de sitcom sous antidépresseurs.
Le scénario lui-même tourne en boucle comme un vieux vinyle rayé. Dracula souhaite ardemment épouser Mina, après l'avoir allègrement ensorcelée et mordillée dans les grandes largeurs. Et pour couronner le tout, la paresse géographique nous renvoie inévitablement vers ce foutu château de Transylvanie ! Nous y retrouvons, sans grande surprise, cette vieille baderne de Dorko et, bien évidemment, nos chères stryges à poil, exhibant leurs mamelles turgescentes pour tenter de masquer la misère du level design.
V. De la Vraie Fin et de la Brièveté de l'Acte
Au final, on a davantage l'impression de parcourir un add-on (une vulgaire extension tarifée au prix fort) qu'une véritable suite. Rendons néanmoins à César ce qui appartient à l'empereur de la nuit : ce second volet a le mérite d'enfin mettre en scène le Comte Dracula en personne, au lieu de nous faire poireauter face à ses obscurs sbires, et nous offre surtout une véritable conclusion.
On pensait en avoir définitivement terminé avec le buveur de sang en col pelle-à-tarte, mais que nenni ! L'industrie vidéoludique étant ce qu'elle est, un reboot poindra le bout de son nez avec trois autres jeux un poil plus modernes. En attendant de passer ces futurs rejetons sur le grill, je conclus cette critique — aussi rachitique que la durée de vie du titre — sur la même note que le premier opus, puisqu'il s'agit, à quelques détails près, d'une seule et même œuvre scindée en deux.
Verdict : 6.5/10
Une redite efficace mais d'une paresse insigne, saupoudrée d'énigmes chronométrées qui hérisseront les poils des puristes du genre. À faire dans la foulée du premier, comme on termine les restes d'un banquet.
« Cela suffit ! Je ne peux en tolérer davantage ! »

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