Hercule – Philoctète a 32 bites
« Herculade ! »
I. De la Pompe à Fric Disney et de l'Éphèbe en Slip de Cuir
Il est des traditions sur cette bonne vieille PlayStation première du nom qui forcent le respect par leur cynisme mercantile. L'adaptation vidéoludique du grand classique d'animation Disney, Hercule, s'inscrit dans cette glorieuse lignée de jeux à licence conçus pour essorer le portefeuille des géniteurs. Nous y incarnons le fils illégitime de Zeus, un éphèbe au menton plus proéminent qu'une érection matinale, sanglé dans un slip de cuir fort seyant. Son but métaphysique ? Prouver à son daron volage qu'il mérite sa place au buffet à volonté du Mont Olympe.
L'épopée retrace avec une fidélité quasi canine la trame du long-métrage : de l'entraînement intensif sous la houlette de Philoctète (un satyre, véritable bouc libidineux transpirant le vice), en passant par les ruelles mal famées de Thèbes, jusqu'à l'affrontement final contre ce grand dépressif d'Hadès. Le tout est émaillé de cinématiques directement pompées de la pellicule originale et bercé par la bande-son divine du film. Une dizaine de niveaux viennent étoffer une durée de vie rachitique qui, sans les fâcheux contretemps d'un game design parfois sadique, se plierait en deux petites heures de fornication ludique.
II. De la Jouissance Rétinienne et de la Turgescence Magique
Ce qui frappe d'emblée l'esthète exigeant, c'est la plastique de l'œuvre. Le jeu arbore une superbe 2D, d'une propreté à faire pâlir une vierge effarouchée. Les animations jouissent d'une fluidité orgasmique, et les arrière-plans grouillent de détails truculents qui flattent la rétine.
Côté gameplay, le titre oscille allègrement entre la plate-forme, l'action et l'aventure. Dans ses phases classiques, Hercule fait parler la testostérone : on taille l'ennemi en pièces à coups de glaive, on évite les précipices et l'on charge son poing (symbole phallique destructeur) pour pulvériser des rochers ou les mâchoires des importuns. La jouissance est décuplée par l'ingestion de power-ups : la jauge de vie s'allonge, on devient temporairement invincible, et notre lame s'enflamme ou se gorge de foudre, distribuant des décharges électriques à tout ce qui bouge. Ces niveaux traditionnels trouvent leur apothéose lors des combats de boss. Affronter le centaure Nessus, trancher le regard pétrifiant de Méduse, castrer l'Hydre ou botter le cul enflammé d'Hadès constituent incontestablement les moments de bravoure et les meilleurs segments de cette galette.
III. Du Scrolling Vomitif et du Syndrome Tibétain
Hélas, le vice ne tarde pas à s'immiscer. Il prend ici la forme de niveaux en scrolling forcé, qu'il soit vertical ou horizontal (notamment lors des chevauchées célestes sur le dos de ce gros pigeon de Pégase). C'est précisément là que la difficulté "à l'ancienne" s'abat sur nous telle une vérole foudroyante.
On subit des obstacles atrocement ardus à esquiver, une profusion d'ennemis vous harcelant l'arrière-train, et surtout, des débris surgissant de l'anonymat absolu de l'écran avec une fourberie digne du traumatisant Tintin au Tibet ! On hurle, on peste, on maudit la mère de Pégase. Heureusement, la modernité vient lubrifier ce calvaire : le brave Hermès, livreur Deliveroo de l'Antiquité, fait office de checkpoint providentiel après les passages les plus retors. Le système de sauvegarde, lui, exige de fouiner pour récupérer quatre vases antiques, débloquant ainsi un code secret (un mot de passe à l'ancienne) permettant de reprendre au niveau adéquat. Sans cela, c'est la mort définitive, le retour impitoyable à la case départ qui vous obligera à refaire le jeu depuis le début !
IV. De la Pulsion Complétiste et de l'Initiation Pucelle
Pour étirer artificiellement la sauce, les développeurs invitent les complétistes atteints de TOC à partir en chasse. Il faudra fureter dans les moindres recoins pour amasser des pièces de monnaie et dénicher les lettres planquées formant le mot H-E-R-C-U-L-E-S (titre en VO exigé par la nomenclature, s'il vous plaît). C'est là l'unique argument valable pour relancer la machine une fois le générique de fin digéré, car au-delà de cette collectionnite aiguë, le jeu ne possède strictement aucune autre rejouabilité.
En définitive, Hercule est une œuvre hybride, brassant le traditionalisme punitif d'antan avec des mécaniques de miséricorde modernes (checkpoints, sauvegarde par mots de passe). C'est un titre qui reproduit son matériau de base avec une fidélité presque servile et scolaire. Sans grande surprise, court mais atrocement bien réalisé, il accomplit le strict minimum syndical mais le fait avec une justesse et une élégance de bout en bout. Bref, le dépucelage vidéoludique idéal pour un enfant désireux d'apprendre à manier un pad sans finir par défenestrer sa télévision par excès de frustration !
Verdict : 6/10
Une balade mythologique visuellement exquise mais mécaniquement scolaire. Un plaisir coupable en slip de cuir, court et efficace, qui fait son office sans pour autant nous faire grimper au rideau du Panthéon.
« T’as gagné par KO sismique ! »

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