Test Delaware St. John Volume 2 The Town with No Name

Delaware St. John - Volume 2 : The Town with No Name – I've been through the desert / On a town with no name

« Why do I have these visions, why are my dreams haunted ? »


I. Du Geek de Service et du Tourisme Macabre

On prend les mêmes clampins et on remet le couvert ! Enfin, presque. Delaware, notre médium de supérette au charisme de serpillière humide, reprend du service. Pour égayer cette joyeuse troupe de tristes drilles, l'équipe s'enrichit d'un nouveau larron : Simon, le "geek" de service. Il vient tenir la chandelle à la bibliothécaire Kelly à l'autre bout de la radio, formant un duo de bras cassés dont l'utilité reste souvent sujette à caution.

Guidé par une carte mystérieuse lui dévoilant l'existence d'un village inconnu des bataillons de la DDE, Delaware s'en va, la fleur au fusil, pour tapoter l'épaule de cadavres trépassés dans des circonstances fort louches. Côté arsenal, notre chasseur de fantômes du dimanche se trimballe rigoureusement le même équipement électronique que dans le premier épisode. Pas la moindre amélioration technologique ; la misère budgétaire exige de faire les fonds de tiroirs.


II. De l'Expansion Géographique et des Puzzles Réhabilités

Cependant, bénissons les cieux, l'ambiance subit un lifting salutaire ! Fini le huis clos étouffant et redondant de l'hôtel miteux. Le terrain de chasse gagne en variété en nous balançant dans un village "entier" (avec de grosses guillemets, ne nous emballons pas non plus). On y trouve notamment un cinéma de quartier crasseux et un orphelinat lugubre. Ces nouveaux décors aèrent la narration et flattent notre instinct d'exploration.

Autre miracle de l'Immaculée Conception : les énigmes complètement connes et illogiques du premier opus ont été expédiées dans les latrines de l'Histoire. Les casse-têtes de ce second volume s'avèrent nettement mieux inspirés. Vous devrez par exemple achever une grille de mots fléchés pour satisfaire les pulsions littéraires d'un esprit, ou carrément vous tripoter le joystick sur une antique borne d'arcade. L'absurde devient enfin ludique.


III. Des Tares Congénitales et du Harcèlement Spectral

Néanmoins, ne débouchez pas le champagne trop hâtivement. Les tares congénitales inhérentes aux Point & Click fauchés s'accrochent à l'œuvre comme des morpions sur un pubis négligé : des graphismes d'une laideur académique, des doublages anglophones assurés par des amateurs sans conviction, des allers-retours incessants à vous en donner le vertige, et une durée de vie si rachitique que l'éditeur lui-même — dans un éclair de lucidité rare — a la décence de refourguer le bousin en version boîte bundle avec la première aventure.

Et pour couronner le tout d'un étron fumant, ces putains de courses-poursuites avec les "Chasseurs" (les esprits canins du Destructeur) sont toujours de la partie, pour notre plus grand déplaisir et la ruine de notre système nerveux.


IV. Du Meurtre au Pop-Corn et de la Marâtre en Cornette

Comme de coutume, la galette se scinde en deux chapitres expéditifs. Le premier vous lâche aux abords de la ville, où Delaware doit se démerder pour forcer l'entrée du cinéma afin d'élucider le meurtre sanglant d'un couple de tourtereaux. Une petite mise en bouche avant le plat de résistance.

C'est dans la deuxième aventure que les choses sérieuses commencent. On pénètre dans les entrailles de l'orphelinat, qui s'avère être la clé de voûte des névroses de notre héros. Ce charmant établissement de redressement était tenu d'une main de fer par une Mère Supérieure fanatique (une religieuse de jeu d'horreur, ce qui équivaut invariablement à une belle salope sadique). C'est dans ces murs lépreux que Delaware va enfin gratter la croûte de son propre passé et percer à jour les origines foireuses du Destructeur.

Le but de l'expédition ? Apaiser les âmes des anciens morveux décédés en s'adonnant à du racket enfantin inversé : achever un dessin à colorier ou retrouver un malheureux jouet confisqué par la marâtre en cornette, afin d'obtenir l'aide inestimable de nos petits camarades translucides.

Capture d'écran Delaware St. John 2 les spectres contre la mère supérieure



V. D'un Optimisme Renouvelé

Au bout du compte, The Town with No Name est une copie bien mieux gérée que la purge originelle. Le titre a l'immense mérite de faire progresser le fil rouge de l'histoire globale tout en gommant à la truelle une bonne partie des défauts du premier volume. Certes, cela ne suffit pas à transformer le plomb en or, et l'expérience reste une série B vaguement agréable plutôt qu'une fulgurance vidéoludique. Mais on en ressort presque revigoré, le caleçon sec et l'œil vif, prêt à aborder la dernière aventure de Delaware avec une confiance renouvelée !


Verdict : 5/10

Une suite qui sauve les meubles en éliminant les puzzles absurdes de son aîné et en épaississant son lore, bien qu'elle reste solidement engluée dans la fange des petites productions fauchées.

« You were supposed to die twenty years ago. »

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