LittleBIGPlanet – La foutaise cousue main pour castra-nés du game design
“Tu incarnes un petit Sackboy.”
I. Le royaume de la couture molle et du gameplay au chloroforme
Bienvenue dans LittleBigPlanet, ou comment Sony, pris en flagrant délit d’absence de mascotte, a misé sur une poupée en toile de jute pour séduire les enfants, les adultes immatures, les créatifs en manque d’affection et les toxicomanes d’esthétique patchwork.
Tu incarnes donc Sackboy. Un petit sac. Littéralement. Pas un héros. Pas un combattant. Pas même un personnage : un avatar en jute avec des boutons de chemise pour yeux et une fermeture éclair qui ne mène à rien, comme un cosplay raté de pénis encagoulé.
Le but du jeu ? Sauver l’Imaginarium, le monde de la création, du mauvais goût et de la mollesse, en sautant d’un niveau à l’autre comme un enfant trisomique lancé sur un trampoline mouillé. On court, on saute, on attrape des bulles de bonheur et des autocollants. On crée des niveaux aussi intéressants qu’un album Panini inachevé. L’enfer.
II. Plateforme ou plateforme-forme ? Le grand vide de la manette
Le gameplay, parlons-en. Sackboy a la maniabilité d’un morceau de roquefort tombé dans une flaque de vernis. Chaque saut est un acte de foi. Chaque mouvement semble régit par la volonté fluctuante d’un marionnettiste cocaïné. Le personnage glisse, flotte, retombe comme un saucisson mou lancé dans un ventilateur.
Tu avances. Tu sautes. Tu meurs, non pas parce que c’est difficile, mais parce que le moteur physique a décidé que ton poids d’éponge humide n’était pas compatible avec la gravité. Et surtout… c’est lent. Atrocement lent. Chaque niveau donne l’impression de traverser une kermesse scolaire organisée par un centre aéré pour enfants autistes.
Ce n’est pas de la plateforme. C’est de la plateforme pour les enfants des Teletubbies. Un Mario sans rythme, sans nerf, sans bite, sans race.
III. Créativité, disaient-ils… Oui, mais créative comme un PowerPoint en CE2
Ah, la création. Le “cœur” de LittleBigPlanet. Tu peux créer tes propres niveaux ! Et les partager ! Et jouer à ceux des autres ! Génial, non ? Non.
Car même là, dans ce soi-disant oasis de liberté ludique, tout est filtré, calibré, limité. Les meilleurs niveaux sont fades, les pires sont indignes d’un rêve d’enfant constipé. C’est une bacchanale de mauvais goût : Mario en carton, Sonic en tissu, des reconstitutions de films cultes avec la fluidité d’un gif corrompu. La promesse de créativité devient une punition : tu contemples le vide de la pensée populaire à travers des niveaux où Sackboy fait du skateboard sur une bite en pixels.
Et ça se veut communautaire. Tu peux noter, aimer, partager. Un Facebook de la mollesse vidéoludique. C’est le YouTube Kids du game design amateur.
IV. Un tour du monde cousu de fil blanc
On visite plein de mondes ! Des contrées exotiques ! Des lieux farfelus ! Des décors bariolés ! Oui, sauf que tout se ressemble : une soupe d’esthétiques cousues à la main, patchwork fluo, avec plus de textures que d’idées.
Tu vas au Mexique. Tu vas en Asie. Tu vas chez les inuits. Tu vas au carnaval. Tu vas partout, mais surtout nulle part. Chaque décor est une farce de kitsch, un collage de papier mâché monté sur rails. C’est comme si un gamin avait vomi un catalogue IKEA sur un tapis de yoga.
Rien ne reste en mémoire. Tout glisse, comme ton intérêt. Tu es déjà ailleurs, en train de repenser ta vie, de te demander si un jour, toi aussi, tu pourrais créer un jeu. Et tu te réponds : “Oui, mais pas ça. Jamais ça.”
V. Sackboy, l’anti-charisme sponsorisé par Sony Pictures Animation
Le pire, c’est que LittleBigPlanet n’est pas juste un jeu. C’est un symbole. Sony a voulu en faire une mascotte. Oui. Une mascotte. Le porte-étendard de la marque. Sackboy, cette pelote sans colonne vertébrale, sans voix, sans aura. On aurait dit que Sony voulait dire au monde : “Nous aussi, on a un Mario !” Sauf que leur Mario est un préservatif recyclé.
Même les pubs le montraient comme un héros. Un explorateur. Un inventeur. Un champion de la créativité. En réalité, Sackboy est une figurine oubliée dans un bac à jouets, qu’on ressort quand tous les autres sont sales ou cassés. Un chevalier du néant. Un ambassadeur de la fadeur.
Verdict : 4.5/10
Je n’ai pas payé ce jeu. Il m’a été offert après le grand piratage du PSN, en 2011, cette époque où Sony, pour se faire pardonner d’avoir laissé des ados russes fouiller nos données bancaires, nous laissait choisir deux titres gratuits. Oui, même dans le chaos, il y avait du malheur. J’ai choisi LittleBigPlanet, comme on choisit un suppositoire à la menthe parce qu’il ne reste plus que ça dans le placard. Ce n’est ni pour les enfants (trop lent), ni pour les adultes (trop débile), ni pour les créateurs (trop limité). C’est un jouet sans pile, une blague sans chute, un monde où la créativité se noie dans la guimauve. Ceux qui veulent créer, aujourd’hui, iront sur Dreams ou dans Minecraft. Les autres peuvent toujours sucer un bouton en tissu.
“La marche rapide est à l’ordre du jour alors c’est parti !”
Oui, partons. Et ne nous retournons pas. L’enfer est pavé de bonnes intentions et de Sackboys.

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