Apollo Justice : Ace Attorney – Quatrième degré, première instance
"Ben quoi... J'ai mis un peu de gel dans mes cheveux ! C'est tout !"
I. La justice est morte, vive le gel coiffant
Oubliez les toges, les perruques, les joutes verbales entre
notaires en rut. Ici, la justice porte une cravate rouge, une banane
gominée et la voix stridente d’un shōnen à la limite de
l’AVC.
Apollo Justice débarque dans une série que l’on
pensait épuisée jusqu’au trognon : plus de Fey, plus de Hunter,
plus même de Paul Defès, ce poil incarné dans le slip judiciaire.
À la place, un Phoenix Wright déchu, mal rasé, flanqué d’un
bonnet de SDF chic comme un mannequin Zara et d’une fille adoptive
sortie tout droit d’un cirque surréaliste.
Et pourtant… la mayonnaise prend.
Elle prend même
tellement bien qu’on se retrouve à la lécher à même le bocal.
Capcom fait le pari d’un renouveau et y insuffle assez de fièvre,
de secrets et de slip magique pour nous faire oublier la routine
procédurale.
II. Phoenix Wright, entre Gandalf bourré et Père Castor mafieux
Il a tout perdu, sauf l’essentiel : son charisme de beau parleur
et sa tendance à attirer les emmerdes comme une moule attire les
doigts sales.
Jadis parangon du barreau, le voilà tenancier
d’un bar sans piano (détail crucial) et père d’une
illusionniste armée d’un sous-vêtement géant. Phoenix Wright
devient le Dumbledore du ghetto, orchestrant les rebondissements en
coulisses avec l’élégance d’un joueur de billard qui triche à
la craie.
Il murmure à l’oreille d’Apollo comme un Obi-Wan qui aurait fait trop de garde à vue. Il est partout et nulle part, père de substitution, manipulateur suave, et parfois… suspect.
III. Apollo Justice ou le front de l’espoir
Avec son torse bombé, ses yeux de justicier constipé et son cri
de guerre plus strident qu’un karaoké de Tokio Hotel, Apollo
Justice est une bouffée d’air frais… qui sent la sueur.
Sa
particularité ? Un bracelet. Magique, sensoriel, ridicule. Grâce à
lui, notre apprenti juriste peut repérer les micro-expressions des
témoins : doigts crispés, lèvres qui tremblent, pets nerveux mal
camouflés dans la bande-son.
Chaque procès devient une danse lente entre vérité et flatulence. C’est du théâtre kabuki sous valium, une chorégraphie de tics nerveux et de regards fuyants, et Apollo y brille comme un inspecteur des pores.
IV. Vérité Wright : fille, magicienne, détentrice de slip titanesque
Elle a le sourire d’un Pikachu sous coke et les épaules d’un
marabout trop confiant. Vérité — Trucy bravo les traducteurs !
— vit entre deux dimensions : celle des illusions scéniques, et
celle de la fessée verbale.
Elle balance des colombes au
tribunal, utilise sa « culotte magique » comme arme de distraction
massive, et insuffle une dose de folie poétique à chaque
scène.
Personnage de cirque ? Enfant tragique ? Arme de
propagande kawaii ? Les trois à la fois.
V. Klavier Gavin : rock, droit et gloss irisé
Imaginez si David Bowie avait été juriste.
Konrad (ou
Klavier pour les intimes) Gavin débarque avec sa guitare, son accent
allemand de film X hongrois et ses chemises ouvertes sur un torse de
papier glacé. C’est un procureur qui ne veut pas punir, mais
comprendre. Un adversaire sexy comme un suppositoire en velours.
Il fait de l’ombre à tous les antagonistes précédents.
Pas
de haine. Pas de tension. Juste un duel idéologique entre gel
capillaire et effets pyrotechniques. Légalement flamboyant.
VI. Ema Skye : la science, le sucre, la solitude
Ema est revenue. L’enfant détective est devenue adulte
frustrée. Son crush sur Phoenix s’est évaporé comme un fémur
dans l’acide. Elle compense en dévorant des Snackoos et en
balançant des termes scientifiques à chaque trace de bave
suspecte.
Elle est brillante, usée, désabusée. La seule à
comprendre que ce monde est une mascarade, un carnaval en robe noire.
Elle regarde les jeunes hurler « Objection ! » comme on regarde des
mômes simuler un orgasme en cours de SVT.
VII. Fresque portable de la folie juridique
Apollo Justice nous fait visiter un Japon parallèle où la loi se
rend en scooter et les salles d’audience ressemblent à des Apple
Store.
Au programme :
Le Wright Talent Agency, cabinet d’avocats reconverti en fabrique de prestidigitation douteuse.
Un bar sans piano, rempli de vodka, de secrets, et d’ex-avocats alcooliques.
Une scène de rock aussi crédible qu’un concert d’Hélène Ségara en prison.
Des coulisses de théâtre, des cellules carcérales, un camp d’entraînement flicard et des ruelles poisseuses où même le sol objecte.
Chaque décor est un tableau clignotant de névrose douce.
VIII. Caresses de stylus et pets de vérité
C’est toujours du Ace Attorney pur jus : des phases d’enquête
suivies de procès lunaires.
Mais ici, la DS est mise à
contribution avec passion et perversité : on tourne des objets en 3D
comme des fétichistes de la preuve, on souffle dans le micro pour
révéler des empreintes, on gratte l’écran comme un procureur
atteint de gale.
Le bracelet remplace les Magatama. L’effet est identique : la vérité sort du slip. Et les témoins aussi.
IX. Spirale inversée et explosion finale
Chaque affaire semble indépendante, jusqu’à ce que la réalité
s’effondre comme un flan à la pisse.
L’intrigue se
recroqueville, se tend, explose en révélations : procès truqué,
héritage judiciaire maudit, vengeance en forme de manipulation
familiale.
Le dernier acte est un orgasme narratif, un déluge
de twist digne d’un opéra tragique monté par une secte de juges
nudistes.
On en ressort lessivé, hébété, heureux.
Verdict : 8.5/10
Apollo Justice: Ace Attorney est un miracle.
Un
miracle né dans un urinoir de DS, entre un ex-héros déchu, un
rookie hurlant, une prestidigitatrice à slip géant, et un rocker en
manque de câlins.
La magie n’est plus dans les pouvoirs, elle est dans le doute, dans les tremblements, dans les regards. Ce n’est pas un successeur. C’est un enfant illégitime. Mais un enfant qui crie fort, qui vit, et qui nous rappelle pourquoi on revient encore et toujours dans cette cour de justice absurde.
"C'est ma culotte magique ! C'est un de mes meilleurs tours."

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